"La Bienveillance et l’Amour sont cette flamme qui lorsqu’elle s’enflamme brûle tout de notre obscurité".
11 Octobre 2025
Des rituels modernes et traditionnels moment privilégiés dans nos vies qui permettent de trouver/retrouver une puissance d’agir à la recherche d’un équilibre individuel et collectif
Bonjour,
Magnifique et géniale Isalou REGEN dans « Tenir debout même quand tout vacille », mais aussi « La Magie du matin » et dans son blog « 365mornings - https://urlr.me/7NcS2F). L'œuvre d’Isalou REGEN est un vrai bonheur.
Il convient effectivement de s’adonner autant que faire se peut aux rituels :
- De connexion à soi ;
- De connexion aux autres Êtres et en particulier dans la diversité, s’immerger dans des cultures totalement différentes de la sienne ;
- De connexion au monde, à notre environnement réel (La Nature) ou imaginaire (les Dieux) extérieurs à soi, mais qu’il convient absolument d’orienter vers soi même s’ils sont imaginaires, dans la pratique d’une spiritualité intérieure, permettant quand bien même leur caractère imaginaire de les ressentir à l’intérieur de soi dans une illusion du cortex cingulaire. En effet, laisser ses éléments à l’extérieur de soi en les regardant, en les louant, en les vénérant, depuis notre soi vers l’extérieure sans véritable intériorité, sans en être pénétré jusqu’au plus profond de soi par une connexion, n’est pas source de découverte de soi et d’enseignement pour soi-même.
- Carl Gustav JUNG : « Ce n’est pas en regardant la Lumière (vérités absolues politiques et religieuses) que l’on devient Lumineux mais en regardant dans son obscurité »
- Socrate : « Connais-toi, toi-même et tu connaitras l’Univers (ses dualités réelles) et les dieux (imaginaires) ».
1) Quelles pratiques des rituels ? Ceux étant sources de passions joyeuses, ou ceux étant sources de passions tristes, permettent véritablement de retrouver une puissance d’agir dans la recherche d’un équilibre individuel et collectif
Ces rituels doivent être absolument, d’une part, source de passions joyeuses, dans une connexion à soi, dans une connexion aux autres, dans une connexion au monde. Et d’autre part, être ancrés dans le réel et la beauté de la vie : la Nature, la musique, le chant, la danse, la lecture philosophique, la pratique de la philosophie, la méditation, le yoga, le sport, l’écriture, soigner sa relation aux autres et au monde dans l’Éthique (la responsabilité) et dans l’Esthétique (la bienveillance et l’amour), etc., comme étant, avant tout un art de vivre et non pas comme étant le simple fait d’exister.
Quoique nous fassions dans ces moments de rituel, la pratique des passions joyeuses laissent notre cérébral en éveil constant le jour dans une joie permanente et un bonheur durable et en paix la nuit dans un sommeil profond. Ils permettent tout simplement de trouver/retrouver un équilibre pour soi, et de reproduire ce même équilibre autour de soi (les autres, le monde) dans un savoir-être qui réside dans notre intériorité qui est lui-même et elle-même en paix.
En effet, la principale contrainte auquel l’Être est confronté dans sa vie merveilleuse mais qui n’est jamais un long fleuve tranquille, il s’agit de l’absurdité du monde au sens d’Albert CAMUS, de l’arbitraire produit par les vérités absolues, les idéologies, les dogmes, les doctrines politiques, religieuses, le mythe de l’argent, ces verticalités issues de la Transcendance extérieure à soi qui ne savent pas mettre/remettre au centre l’Être humain et la Nature. Ces verticalités issues des vérités absolues qui précisément créent tous les déséquilibres.
2) Pourquoi les spiritualités extérieures à soi et les religions sont-elles souvent sources de passions tristes ?
La spiritualité extérieure à soi, tournée vers cet Absolu qui est une illusion, c’est-à-dire, cet ami imaginaire grand architecte de l’univers, invention et création de notre cortex cingulaire, de notre génie humain qui est probablement le seul capable de faire cela, inventer un absolu, un ami imaginaire, un grand architecte de l’univers, ce « Doudou des enfants » qui nous fait ressentir moins de vulnérabilité intérieure dans notre humanité.
Cet ami imaginaire accepté de tous depuis des millénaires n’existe donc pas dans le réel, il n’intervient aucunement dans les dualités qui structurent et conduisent la marche du monde, l’Univers et la Nature. Dans cette mesure, les spiritualités extérieures à soi, tournée vers cet Absolu, cet ami imaginaire grand architecte de l’univers demeurent et sont malheureusement, trop souvent, une source de passions tristes. Lorsque ces spiritualités extérieures à soi, sources de passions tristes, sont mises entre les mains d’un certain patriarcat. Ce même patriarcat s’en empare et elles demeurent et deviennent par leur utilisation acceptée de tous depuis des millénaires, une source d’emprise et d’impunité sur les autres dans une absence d’esprit critique, penser par soi-même en émancipation de ces mêmes vérités absolues, verticales et transcendantes qui sont mortifères pour les Êtres positionnés dans une confortable servitude, source de déséquilibre pour eux-mêmes dans l’arbitraire et dans l’absurde (les femmes, les LGBT, les autres qui sont différents), et source pour ceux-ci de déshumanisation de société humaine entière, au profit de l’épanouissement de quelques-uns, au sein de ces mêmes espaces d’emprise et d’impunité.
Les Peuples premiers c’est-à-dire, avant la création par l’Humanité de la verticalité issue de la transcendance, celle des vérités absolues politiques et religieuses, avaient probablement tout compris de ce qu’est l’horizontalité issue de l’immanence. Le Peuple Kogis de la Sierra Nevada de Santa Marta (Colombie), en particulier, nous dit : « Tous les êtres vivants ont une âme, une pensée forte mobilisée dans une force spirituelle intérieure qui dynamise la vie » et qu’ils nomment « Aluna », (logique de la volonté de l’Être et puissance d’agir de l’Être). Pour les Kogis, l’interaction entre "l'Aluna" des Êtres et la matière (l’environnement de l’Être) créent une autre force, qu’ils appellent « Seiwa - L’énergie connectée de la conscience des deux ». Pour les Kogis, "l’Aluna" des Êtres et la matière sont interconnectés par un réseau invisible. Les « Mamos (les éclairés) » sont à la fois les chamanes, les philosophes et les médecins de la communauté, perçoivent le « Seiwa ». Ils sont formés dans les Moxas (grotte, espace sans lumière), c’est-à-dire dans l'obscurité, le jour, et le soir dans la nuit étoilée du cosmos et de la Nature, et cela pendant 18 ans. Lorsque les yeux n’ont donc plus accès à la lumière sur une période de formation aussi longue, il advient probablement un moment, où l’on perçoit par nos sens, quelques choses de différents et probablement d’invisible qui se cache derrière le visible. D’une part, pour soi-même, dans un cheminement intérieur, comme nous le faisons dans une spiritualité intériorisée religieuse ou athée, et dans un travail sur notre égo, et d'autre part, dans une connexion indispensable avec le monde, l’Univers, la Nature d’où nous venons.
- Baruch Spinoza (1632-1677) : « Dieu, c’est la Nature (réelle et rien d’autre) ».
- Marcel CONCHE (1922-2022) : « L'Homme est une production de la Nature et la Nature s’est dépassée elle-même dans la création de l'Homme ». Et oui, quelle autre espèce dans l'Univers a eu un développement aussi rapide à l'échelle du Big Bang. Nous sommes bien dépositaire d’un Génie humain qui nous a fait cheminer : de l'âge de pierre à l'ère industrielle, de l'informatique à l'internet et l'intelligence artificielle, de la Terre à l'Espace, à la Lune et bientôt Mars.
Cependant, l’Humanité a probablement perdu de sa profondeur intérieure, lorsqu’elle a changé de finalités, c’est-à-dire, lorsqu’elle est passée de l’Être humain et de la Nature en tant que finalité première dans une mise au centre indispensable de ces 2 éléments essentiels à la vie (Horizontalité issue de l’Immanence), à la Verticalité issue de la Transcendance, avec pour finalité première l’idéologie, les dogmes, les doctrines politiques, religieuses et le mythe de l’argent, reléguant au second plan l’Être humain dans sa grande diversité et la Nature.
Les Kogis auront donc bien remarqués depuis des millénaires, la nécessité de maintenir un lien très fort entre l’Être, la Nature et l’Univers, éléments essentiels à la vie, lois fondamentales, horizontale et immanente. Pendant ces 18 ans de formation et depuis des millénaires, les « Mamos » n’ont jamais rencontrés ce que les religions monothéistes appellent « Dieu » ou « Allah ».
3) Dans la pratique des rituels, les morts qui sont d’anciens vivants (réel) et l’Absolu (imaginaire) ne sont-ils pas, en définitive, qu’un simple moyen ?
Je me suis souvent rendu compte en assistant à des rituels collectifs magnifiques que l’on appelle « Maoulida Shengé » à Mayotte, « Famadihana » à Madagascar, je parle de ceux-là en particulier car je réside dans l’Océan Indien, mais aussi dans d’autres pays que j’ai parcouru (Turquie – Les derviches tourneurs, etc.), et dans nos contrées occidentales, européennes sur des rituels plus communs pour nous, funéraires, religieux ou mystiques, etc., Il s’agit avant tout pour les vivants qui participent à ces rituels tournés vers un Absolu ou vers les morts, de permettre en réalité sous couvert d’honorer les morts ou de louer l’ami imaginaire grand architecte de l’univers, de retrouver avant tout et en réalité pour eux-mêmes, un sens, une compréhension en mettant des mots sur les choses par la verbalisation (prière, louange, chant, danse) permettant d’atténuer sa vulnérabilité d’Être humain face au monde tel qu’il est aujourd’hui, et donc de se redonner du courage, de retrouver une puissance d’agir dans la recherche d’un équilibre individuel et collectif. Dans cet objectif, les morts anciennement vivants et l’Absolu (imaginaire) ne sont donc en définitive que des moyens permettant d’atteindre cet équilibre individuel et collectif pour se reconfigurer dans une puissance d’agir positive et productive.
Le « Famidjhana » est la cérémonie de retournement des morts, elle a lieu tous les 7 ans environ, au cours de laquelle les corps sont exhumés de leur tombeau par les vivants pour en changer le linceul. Le « Maoulida Shengé » est un chant et danse traditionnel religieux, recueillement spirituel soufie en célébration des morts et de l’Absolu. Sous le Bandrabandra rectangulaire de tissu coloré charpenté de bois ou de métal, séparé en son centre par un msutru (grande pièce de tissu coloré), les hommes d’un côté magnifiquement vêtus de Djumba et Koffiah chantent des prières et louanges au rythme du battement de leurs percussions (Tari, Fumba, Dori) et de l’autre côté les femmes magnifiquement vêtues de Salouva colorés, les accompagnent en dansant et en chantant les chœurs. Il en va de même probablement pour les derviches tourneurs en Turquie ou en Syrie, etc., où la danse mystique comme moyen de communiquer avec l’ami imaginaire qui se trouve avoir été créé par notre cortex, mais quand bien même notre génie humain l’ayant créé et inventé, ce même génie humain ressent en soi dans une illusion, l’amour, la bienveillance, la bonté, de l’Absolu imaginaire qui a lui-même crée et inventé, etc.
Conclusion
Les rituels modernes ou traditionnels de connexion à soi, aux autres et au monde qu’ils soient réels ou imaginaires, viennent donc apaiser ce sentiment de vulnérabilité de l’Être. La pratique de ces rituels permet d’affronter la vie qui n’est pas un long fleuve tranquille, en remobilisant individuellement et collectivement une puissance d’agir dans la recherche d’un équilibre, face au monde tel qu’il est aujourd’hui, face à l’arbitraire, l’absurde, l’injustice, les plaisirs éphémères et compulsifs, etc. dans lesquels nos sociétés modernes nous entraînent dans un abîme de passions tristes.
Dans les sociétés traditionnelles, le respect des rituels, de la coutume et de la tradition qui sont l’identité de ces mêmes sociétés depuis des millénaires, possède la même fonction, c’est-à-dire, les morts (anciennement réel) et l’Absolu (imaginaire), ne sont qu’un moyen pour redonner aux vivants qui pratiquent ces rituels : force, courage, puissance d’agir dans la recherche d’un équilibre individuel et collectif.
Mais rappelez-vous, la vérité ne se possède pas, elle se recherche et elle se partage.
Bien à vous, je vous souhaite une très belle journée.