"La Bienveillance et l’Amour sont cette flamme qui lorsqu’elle s’enflamme brûle tout de notre obscurité".
2 Novembre 2025
Carl Gustav JUNG et la fonction du rêve chez l'Être humain
Bonjour,
Magnifique et génial Carl Gustav JUNG sur la thématique de la fonction du rêve. En effet, dans l’analyse de la fonction du rêve, JUNG se place dans le réel, en considérant la Nature, telle qu’elle est, avec l’Être humain faisant partie intégrante de la Nature. Chacun (Être et Nature) étant capable du pire comme du meilleur, JUNG aura compris que l’analyse de la fonction du rêve passe nécessairement par la compréhension :
- D’une part, des dualités qui structurent et conduisent l’Être et la Nature ;
- D’autre part, des équilibres ou des déséquilibres générés par ce jeu de dualités qui structurent et conduisent l’Être, la Nature et donc la marche du monde.
En se plaçant dans la posture du réel, par l’analyse des dualités, des équilibres et des déséquilibres de l’Être et de la Nature dans lequel il s’ancre des deux pieds, JUNG parvient à toucher du doigt, ce qu’est un Être humain, comment il fonctionne et comment il se construit.
1) La compensation pour rétablir un équilibre psychique
Dans l’analyse de la fonction du rêve, JUNG aura donc découvert que dans ce jeu de dualité il y a bien une compensation qui s’opère dans la recherche d’un équilibre, c’est précisément, la fonction du rêve chez l’Être humain. La fonction principale de la compensation est bien celle de rétablir un équilibre. En effet, JUNG nous dit dans "l’Interprétation des rêves" (Albin Michel, 1998) : « Les rêves de l’homme sont des produits de la Nature […]. La fonction générale des rêves est d'essayer de rétablir notre équilibre psychologique à l'aide d'un matériel onirique qui, d'une façon subtile, reconstitue l'équilibre total de notre psychisme tout entier. C'est ce que j'appelle la fonction complémentaire (ou compensatrice) des rêves dans notre constitution psychique ».
2) Imaginaire et réalité profonde de notre Être
L’Être humain possède cette faculté de produire des symboles et de l’imaginaire par sa conscience. En effet, JUNG nous dit dans "L'homme et ses symboles" (Robert Laffont, 1964) : « Nous sommes si accoutumés à la nature apparemment rationnelle de notre monde que nous pouvons à peine imaginer qu'il puisse s'y produise quelque chose que le bon sens ne suffise pas à expliquer. Ainsi, l'homme primitif (dénué de connaissance et de culture scientifique), exposé à un choc (sidération inexplicable par sa conscience) ne doutera pas de sa santé mentale, mais il songera immédiatement à des fétiches, des esprits ou des dieux. ». De même, cette faculté d’imaginaire du conscient lui permet de construire des récits qui le présente à son avantage.
Les rêves constituent donc selon JUNG ("l’Interprétation des rêves", Albin Michel, 1998) : « le matériau le plus fondamental et le plus accessible à notre examen de psychiatre […]. Il faut ici tenir compte de deux points absolument essentiels : d'une part, le rêve doit être traité comme un fait réel, à propos duquel on ne doit pas avoir d'idée préconçue, sinon qu'il a, d'une manière ou d'une autre un sens, une expression spécifique qui provient de l'inconscient, il donne un sens qui explique le conscient ». « La problématique est que le rêve a une forme bien à lui, qui nous indique ce qui s'y rapporte et ce qui s'en éloigne. Seules les images et les idées qui font manifestement partie du rêve doivent être utilisées pour son interprétation. Alors que l'association "libre" nous entraîne toujours plus loin des matériaux originels du rêve par une démarche en zigzag, la méthode que j'ai conçue nous emmène plutôt à effectuer une sorte de promenade circulaire qui aurait l'image du rêve pour centre. Je tourne tout autour de l'image du rêve, et je refuse de tenir compte des tentatives que fait le rêveur (le patient) pour s'en écarter. J'ai été maintes fois, au cours de ma pratique professionnelle, amené à répéter la phrase : "Revenons à votre rêve. Que dit le rêve ? »
JUNG nous dit également : « Le rêve est l’extériorisation d'un processus psychique inconscient, involontaire, soustrait à l'influence du conscient, le rêve représente la réalité intérieure de l’homme telle qu'elle est ; et non pas telle que l’homme la suppose, la désire ou l’imagine, mais bien la réalité telle qu'elle est ». « S'occuper de ses rêves est donc une sorte de réflexion sur soi-même, la conscience du moi ne réfléchit pas sur elle-même, elle s'occupe de la donnée objective du rêve comme s'il s'agissait d'une communication ou d'un message de l'âme humaine inconsciente vers le conscient. On réfléchit au Soi, on ne réfléchit pas au Moi (le conscient), on réfléchit sur ce Soi méconnu mais qui nous est originellement propre, qui est notre souche, d'où naquit un jour le Moi et qui nous est méconnu ou souvent étranger parce que nous l'avons perdu par suite des errements de notre conscient dans les symboles et dans les imaginaires. » Et oui, il s’agit en particulier, des idéologies, dogmes, doctrines politiques ou religieuses extérieures à soi qui produisent souvent de l’absurde et de l’arbitraire au détriment de l’Être lui-même et de la Nature.
Conclusion
Le rêve est une idée spontanée de l'âme obscure qui relie tout et qui n’est autre que l’inconscient lui-même, c’est-à-dire, cette matrice méconnue de notre conscience (le Moi). La compréhension des rêves est donc d’une importance fondamentale lors d’une analyse, car elle fournit et extirpe de nos profondeurs des matériaux précieux pour la connaissance, l’assimilation et l’intégration de notre Être dans sa complétude et la compréhension de sa totalité. La découverte ou la redécouverte de notre Être complet ou le plus complet possible, appelé "SOI" par JUNG, dans un cheminement intérieur, c’est-à-dire, ce voyage initiatique magnifique vers soi pour en comprendre en définitive, et bien au-delà de nous-même, toute la marche du monde par le biais des dualités qui la structurent et la conduisent et dont le jeu de ces mêmes dualités produit équilibre et déséquilibre.
Bien à vous, je vous souhaite une très belle journée.