"La Bienveillance et l’Amour sont cette flamme qui lorsqu’elle s’enflamme brûle tout de notre obscurité".
14 Décembre 2025
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L’Acceptation du monde tel qu’il est, est-il nécessaire, pour emprunter un autre chemin et aller vers quelque chose que nous n’avions pas prévu ?
Magnifique et génial citation sur l’Acceptation de la vie et donc de ce qu’est la marche du monde, tel qu’elle est. Il s’agit bien « d’Accueillir [en Soi] la vie dans son entier ». Oui, cela est contre-nature pour l’Être humain emprisonné dans les verticalités, celle des vérités absolues. Et oui, y parvenir c’est habiter le monde avec une conscience élargie, que rien ni personne ne pourra jamais nous enlever. Cette conscience élargie qui nous projette dans un savoir-être et une puissance d’agir capable de « traverser la lumière comme l’ombre ».
L’Acceptation est une mise à l’épreuve personnelle de soi-même permettant de faire accéder la totalité de son Être au consentement véritable de ce qu’est la vie et donc le monde réel pour ensuite être en capacité de « Penser et d’agir », dans un Esprit critique, penser par soi-même, précisément par une action et un engagement dans ce même monde réel.
Dans les 5 piliers de la Sagesse, l’Acceptation vient après la Connaissance, l’Éthique, l’Amour/la bienveillance, et la Présence. L’Acceptation est sans doute parmi les 5 piliers de la sagesse (ou les 5 piliers de l’humanisme) le plus difficile à percevoir et à mettre en œuvre. En effet, l’Acceptation est bien une épreuve, à laquelle notre Être est confronté, elle est contre-nature parce qu’elle nous oblige à réfléchir, à penser, et à sortir de notre zone de confort, c’est-à-dire, de notre confortable servitude aux verticalités des vérités absolues qui ont formaté notre disque cérébral, forgés nos archétypes logés dans notre inconscient personnel/intime et collectif. L’Acceptation est difficile car les caractéristiques intrinsèques de l’Être humain, ainsi que notre Éducation, nos formatages, ne nous préparent pas vraiment à la perception et à la mise en œuvre de l’Acceptation.
Dans la compréhension des dualités qui structurent et conduisent la marche du monde, illustrée en particulier par le célèbre conte amérindien : entre le « Loup Mauvais » celui des émotions négatives, des passions tristes, des instincts primaires non réprimés (virilité, machisme, racisme, prédation, domination, etc.), et le « Loup Bon » celui des émotions positives, des passions joyeuses dans l’accès à la connaissance, la responsabilité, l’amour, la bienveillance envers les Êtres et la Nature, etc., vous aurez bien compris que le fait de nourrir le « Loup Bon » devrait en théorie mener l’Être vers l’Acceptation du monde réel tel qu’il est dans une horizontalité indispensable à percevoir.
Accepter la vie et le monde réel tel qu’il est, est difficile et il sera d’autant plus voué à l’échec, sans accéder précisément à cette conscience élargie, c'est-à-dire, sans réaliser cet effort et ce courage d’entrer peu ou prou dans cette démarche de se connaitre soi-même (c’est-à-dire découvrir et prendre conscience du « Loup Mauvais »), sans aller à la rencontre des autres et de leurs différences, sans Esprit critique, sans penser par soi-même, sans empathie, sans bienveillance, sans amour, etc. À moins que l’objectif unique de vie de l’Être humain soit celui de donner de l’empathie et de l’amour uniquement à ceux et celles qui ont été formaté sur les mêmes vérités que lui-même dans un entre-soi, dans un même silo vertical empreint de la même vérité absolue, c’est-à-dire en restant invariablement positionné dans la confortable servitude de ses certitudes. Bref, dans une version de soi-même qui restera invariablement identique entre le début de sa vie et la fin de sa vie. Par ailleurs, ce même Être humain invariablement positionné dans la même version de lui-même empreint d’une certitude et d’une vérité absolue verticale, possèdera également l’outrecuidance de l’imposer par la force, mortifère et déshumanisante aux autres Êtres, c’est-à-dire, à ceux qui sont différents.
Pour analyser et comprendre les méandres de la nature humaine qui peuvent mener ou pas à l’Acceptation, je vous propose de revenir en particulier à la pensée de Carl Gustav JUNG et celle d’Hannah ARENDT.
1) Acceptation du monde et Jugement sur les autres
Accéder à l’Acceptation c’est donc travailler sur son inconscient personnel et collectif et sur ses archétypes logés en nous-même, c’est-à-dire dans la cave de notre maison intime dans laquelle il ne faut pas avoir peur d’entrer, vers une compréhension des modèles, des principes et des valeurs qui ont formaté notre disque cérébral depuis la tendre enfance, l’adolescence et la vie d’adulte.
Carl Gustav JUNG nous dit « Ce n’est pas en regardant la Lumière que l’on devient lumineux mais en plongeant dans son obscurité » (CGJ) :
- D’une part, confronter son Être aux vérités plurielles et donc à la différence est une épreuve libératrice car elle nous mène également sur le chemin de la compréhension de soi (ses modèles, ses valeurs, ses archétypes, ses formatages). C’est bien le fait de comprendre, puis de penser et d’agir dans l’Éthique (la responsabilité) et dans l’Esthétique (la bienveillance et l’amour), qui mène à la conscience élargie et à la joie intérieure, celle d’y parvenir par une consentement véritable de tout son Être aux conditions du monde réel tel qu’il est et l’Acceptation des dualités qui le structurent et le conduisent.
- D’autre part, la découverte et la compréhension des dualités que l’on accueille en nous par la conscience élargie, d’abord dans l’épreuve (confrontation à la différence, remise en cause de nos archétypes, valeurs, modèles, formatages, etc.), puis dans la Joie et dans la liberté intérieure celles de comprendre la marche du monde, de penser et d’agir, qui nous met en amitié et en amour avec la vie, avec l’existence, avec l’Être humain dans sa grande diversité, avec la Nature elle-même dans sa biodiversité pour en savourer à chaque instant la Beauté et le Génie dans toutes les interactions/connexions de notre Être, précisément, avec la vie réelle dans toute son entièreté.
Carl Gustav JUNG nous disait également très justement :
- « Réfléchir c’est difficile, c’est pourquoi la plupart des gens jugent » (CGJ). Et, oui « Juger sans réfléchir » n’est pas observer, ni découvrir, ni comprendre, ni penser et ni agir dans l’Éthique (la responsabilité) et dans l’Esthétique (la bienveillance et l’amour). Juger les autres sans réfléchir, c’est de fait, refuser et mettre fin à l’Acceptation.
- « Tout ce qui ne vient pas à la conscience revient sous forme de destin. Celui qui regarde à l’extérieur rêve. Celui qui regarde à l’intérieur s’éveille » (CGJ). Cela veut dire probablement que tant que tu n’auras pas rendu ton inconscient conscient, il dirigera ta vie et tu l’appelleras destin. C’est ici, probablement la problématique des religions en particulier, lorsque l’on croit que Dieu/Allah l’ami imaginaire décide de tout dans ce monde. L’Être trouve alors par le biais de l’imaginaire accepté par tous, et non le monde réel, une réponse sur ce qui dirige sa vie, dans une confortable et rassurante servitude. De même, lorsque la Connaissance de soi et du monde, l’Esprit critique et Penser par soi-même tendent à être jugulés par les verticalités patriarcales, dogmatiques, doctrinales, religieuses, etc, dans un seul objectif de conservation/conservatisme des vérités absolues à maintenir dans la société.
2) Acceptation du monde et Politique (Penser et Agir)
Hannah ARENDT a développé sa pensée en particulier, autour des origines du Totalitarisme et de la Banalité du Mal qu’elle oppose au « Politique » qui est avant tout, pour elle, le fait de « Penser et Agir » dans la connaissance des vérités plurielles et la diversité du monde.
La Banalité du Mal dans les régimes totalitaires, repose sur l’idéologie mortifère qui s’immisce partout et en particulier dans l’intimité la plus profonde des gens. C’est-à-dire, lorsque le « Loup Mauvais » devient une règle institutionnelle appliquée par une bureaucratie et des fonctionnaires zélés parce que tout simplement « cela est devenu la Loi ». Pour ces mêmes fonctionnaires l’idéologie qu’il serve avec zèle leur permet tout simplement de révéler dans leur intériorité ce même « Loup Mauvais » qu’ils préfèrent voir s’épanouir en eux-mêmes au détriment du « Loup Bon » et cela provient de la manière dont leur disque dur cérébral a été formaté qui ne leur laisse que cette seule marge de manœuvre, celle d’éprouver de l’empathie exprimée dans un silo unique et vertical qui est, celui de leur vérité absolue, c’est-à-dire l’idéologie, la Patrie, leur famille, leurs amis, leur entourage, bref pour le dogme et l’idéologie et pour ceux et celles qui ont été formatés de la même manière qu’eux-mêmes dans un entre-soi.
Selon Hannah ARENDT, la perte du « Politique » (Esprit critique, Penser et Agir) n’a pas pour conséquence principale l’asservissement et la confortable servitude des Êtres humains aux vérités absolues imposées précisément, par les verticalités patriarcales, idéologiques, religieuses, économiques, technologiques, etc. acceptées par tous, souvent dans l’illusion, l’imaginaire ou sous la contrainte. Pour Hannah ARENDT, l’ironie et le cynisme des verticalités reposent en fait, précisément, sur une perspective d’absence de volonté de l’Être, progressivement vidé de son Esprit critique, du fait de penser par soi-même, d’agir, de prendre la parole, de se faire entendre pour imposer auxdites "Verticalités", la sacralité de l’Être humain remis au centre dans une vision horizontale, celle de la reconnaissance de sa diversité, de son génie, de ses capacités et de son potentiel pour renforcer/accentuer dans une volonté collective, l’Acceptation du monde tel qu’il est, l’idée de « Penser et d’agir » par soi-même et de s’engager dans le collectif et le bien-vivre ensemble dans la communauté humaine élargie.
Pour Hannah ARENDT, le vrai problème est celui, de la remise en cause pure et simple du génie humain, de sa capacité, de son Esprit critique, du sens commun, de son potentiel à penser, à agir et à s’orienter dans le monde réel qui s’en trouvera durablement détruit par les verticalités. L'Être devenant incapable de distinguer les faits constatés, avérés, réels et vrais, de l’imaginaire, du mensonge, de la propagande ou de la fiction, le vrai du faux, l'information vérifiée et la "Fake News". L’Être évolue alors dans un monde toxique et déshumanisant, dans lequel, il se méfie de tout, car ce monde produit invariablement de l’absurde et de l’arbitraire, en ne sachant plus remettre au centre et reconnaître ce que l’Être humain représente dans sa diversité et la valeur ajoutée qu’il apporte. Pour Hannah ARENDT, ici réside le triomphe de l'emprise des verticalités sur les Êtres qui les projettent dans une perte de sens et d’altruisme.
Hannah ARENDT, nous dit dans « La Crise de la Culture » (1961) : L’Éducation est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assumer la responsabilité, et de plus, le sauver de cette ruine qui serait inévitable sans ce renouvellement et sans cette arrivée de jeunes et de nouveaux venus. C’est également avec l’Éducation que nous décidons si nous aimons assez nos enfants pour ne pas les rejeter de notre monde, ni les abandonner à eux-mêmes, ni leur enlever leur chance d’entreprendre quelque chose de neuf, quelque chose que nous n’avions pas prévu, et les préparer d’avance à la tâche de renouveler un monde commun. »
Conclusion
L’Acceptation du monde tel qu’il est, dans un développement durable pour la Planète, repose probablement sur un enjeu sociétal au 21ème siècle : Comment mobiliser dans les esprits une "Nouveauté" et l'introduire comme un "Ferment" dans un monde déjà vieux, suranné et proche de la ruine empreint de verticalités patriarcales, idéologiques, religieuses, économiques, technologiques, etc., qui dominent et déshumanisent les Êtres humains. Aussi révolutionnaire que puissent être ses actes, l’Éducation à tous les étages de la société, sur les principes de "l’Humanisme", de "l’Immanence", de "l’Universel", celle d’une Humanité composée de personnes humaines et la Nature elle-même remises au centre des préoccupations, restent et demeurent cette "Nouveauté" que seul l’Esprit critique émancipé des vérités absolues pourra envisager.
La grande question est donc bien celle de savoir, si la pratique de la Philosophie doit-elle être uniquement limitée à la réflexion, ou bien doit-elle être complétée par l’action (Penser et Agir), et permettre au plus grand nombre de rejoindre le monde réel, c’est-à-dire, accompagner les individus dans la réalité du sens commun pour tous qui précisément conduit à l’Acceptation du monde réel pour le transformer en quelque chose que nous n’avions pas prévu ? Oui, sera-t-il ce "Retournement radical" que propose la Sagesse et l'Humanisme ?
Mais rappelez-vous la vérité ne se possède pas, elle se recherche et elle se partage.
Bien à vous, je vous souhaite une très belle journée et un excellent dimanche.