"La Bienveillance et l’Amour sont cette flamme qui lorsqu’elle s’enflamme brûle tout de notre obscurité".
3 Janvier 2026
Entre "Intériorité" et "Extériorité", les deux voies de la mystique du Sacré
L’expérience mystique du Sacré se définit comme une rencontre de "connaturalité fruitive", soit avec une extériorité, c’est-à-dire, un Absolu comblant et rassurant, soit avec une intériorité, c’est-à-dire, le Germe d’éveil émancipateur de l’Être. Cette rencontre "fruitive" permet de « Devenir » une meilleure version de soi-même par une prise de conscience, celle du Génie/Esprit humain unique dans l'Univers, autonome ou pas au regard de l’Absolu, dans le fait de penser et d’agir, pour se faire créateur, constructeur et bâtisseur, lorsqu’il accède à l’Amour universel.
Il y a donc bien deux voies qui mènent au Sacré, la voie de l’extériorité et la voie de l’intériorité :
1) La voie de l’extériorité est celle dans laquelle nous croyons en des contingences extérieures à soi-même, depuis l’animisme aux religions monothéistes, Jésus, Dieu/Allah, etc. Les sociétés humaines, dans la mise en place et l’organisation de ces contingences/croyances, ont été amenée à organiser et donc à sacraliser l’Espace (lieux sacrés) et le Temps (dates/périodes sacrées), mais aussi, la Connaissance (Evangiles, Bible, Coran, Torah, etc., ) et enfin la « Personnalisation du Sacré » mise en place et organisée dans une chaine de verticalité patriarcale (Dieu ou Jésus puis, le Pape, les Cardinaux, les Évêques, les Prêtres, les Pères de famille ou encore Allah, les Prophètes, les Imams, les Pères de familles, etc, etc.) avec pour finalités l’intrusion/l’injonction du Sacré dans le monde Profane pour en organiser la vie quotidienne. Dans la voie de l’extériorité, la sacralité verticale a donc été mise en place et organisée autour de ces 4 éléments : l’Espace, le Temps, la Connaissance, la Personnalisation patriarcale du Sacré. C’est probablement ce dernier élément « la Personnalisation patriarcale du Sacré » qui pose problème dans la voie de l'extériorité, car derrière le vernis de l’amour, il y a l’incarnation humaine du Sacré dans une chaine patriarcale verticale qui, d’une part, introduit un clivage entre Sacré et Profane (la sacralité du Berger portant la férule ou la crosse vers les Brebis du monde Profane, etc.), et d’autre part, pose invariablement le risque, l’Histoire de l’Humanité l’a mainte fois démontrée, celui d’être capable d’utiliser le vernis de l’amour vertical exercé dans un entre-soi, pour créer une confortable servitude et soumission, se forger des espaces d’emprise et d’impunité, et produire trop souvent de l’absurde et de l’arbitraire, à l’extérieure de la verticalité, c’est-à-dire, en dehors de la communauté, à l’endroit des autres « EUX » ceux qui sont différents, qui ne font pas partie de la communauté ou qui en ont été exclus. Mais aussi, dans la verticalité elle-même, c’est-à-dire, dans la communauté elle-même, envers ceux qui ne se conforment pas à la confortable servitude et soumission, à la loi verticale, au vernis de l’amour exercé dans un entre-soi.
2) La voie de l’intériorité est la voie de l’Humanisme, de l’Immanence et de l’Universel, celle de l’horizontalité anthropologique émancipée des verticalités, dans laquelle il convient de croire au monde réel tel qu’il est, dans sa grande diversité et biodiversité. La voie de l’intériorité privilégie l’individualité de l’Être humain et la place de la Nature dans un « Tout » collectif et commun. La voie de l’intériorité est un travail libre constant et durable sur Soi et sur son « Ego ». Ce travail débute par la Connaissance de soi, la Connaissance de la marche du monde et des dualités qui le structurent et le conduisent, l’utilité d’un positionnement dans l’Éthique (la responsabilité) et dans l’Esthétique (la bienveillance et l’amour le vrai, non pas celui que l’on pratique dans un entre-soi vertical, mais bien l’amour universel). Enfin et il s’agit ici du travail sur soi le plus difficile, c’est-à-dire, la Présence de notre Être au monde et l’Acceptation du monde tel qu’il est. Revenir à l’essentiel, dans la simplicité, l'humilité et avec coeur, c’est-à-dire, la considération des Êtres, de la Nature et de la Beauté de la vie et se défaire des verticalités, de la raison et de la morale patriarcale, idéologique, religieuse, commerciale, etc., qui produisent souvent de l'absurde et de l'arbitraire remettant en cause, la sacralité du « Tout », la sacralité de la vie.
La voie de l’intériorité développe un esprit critique, curieux et ouvert sur le monde, un esprit qui sait penser par lui-même, qui sait réfléchir sans avoir d’aprioris, ni de préjugés, sans clivage entre communautés et sans clivage entre Sacré et Profane puisque chaque Être humain est bien dépositaire d’une capacité et d’un potentiel, celui de son Génie humain lorsqu’il se fait créateur, constructeur et bâtisseur pour le bien commun universel et non uniquement motivé par la confortable servitude et soumission à une verticalité.
La voie de l’intériorité est donc un travail libre, constant et durable sur Soi et sur son « Ego » par la pratique individuelle et collective, en particulier, de la philosophie, de la spiritualité athée et humaniste, de l’individuation, de la médiation, de la méditation, de la contemplation, du Yoga, etc., dans la recherche individuelle et collective d’un équilibre, en célébrant et en savourant chaque jour dans ces pratiques, la beauté et la sacralité de la vie.
Le travail est considérable, il intéresse plus que jamais et librement, tous les pessimistes sur la vie, les « Endormis » (Héraclite), les « Mangeurs de vents », les « Adultes-adolescents », les « Écorchés vifs de la vie » (Lire Boris Cyrulnik), il n’est pas impossible et il a sans aucun doute déjà commencé : « Comment mobiliser librement dans les esprits une nouveauté et l'introduire comme un « Ferment » dans ce monde de verticalités déjà vieux, suranné et proche de la ruine. Aussi révolutionnaire que puisse être ses actes l’Éducation sur les principes de l’Immanence, de l’Universel, de l’Humanisme, de la Démocratie et de la Laïcité, reste et demeure cette nouveauté que seul l’esprit critique pourra envisager. »
Conclusion
La vie est donc ce merveilleux parcours qui doit nous permettre de « Devenir » une meilleure version de soi-même, sans doute davantage par « l’Amour » que par la « Raison ».
À la lecture des textes de l’Humanité qui traitent de spiritualité dans toutes les Cultures et les sociétés humaines, on s’aperçoit que tous les contenus spirituels convergent vers la recherche d’un même besoin, d’un même désir, qui est l’Amour, c’est sans doute le signe, non pas de l’existence de Dieu ou d’Allah qui guiderait nos âmes, mais bien celui de l’autonomie de nos âmes, dans cette extraordinaire capacité de l’esprit humain à « Penser » ce besoin et ce désir « d’Amour ».
Cette capacité de « Penser » ce besoin et ce désir « d’Amour » puis à le mettre en œuvre dans l’action « Penser et Agir », est bien la manifestation du Génie humain créateur, constructeur et bâtisseur, il ne provient pas d’un Absolu extérieur à soi, qui n’existe pas. Il y a donc bien une universalité du besoin et du désir « d’Amour » qui est une caractéristique propre à l’Être humain, aucun autre Être n’est capable de faire cela en dehors de tout déterminisme, c’est-à-dire, dans un souhaite de vivre cette expérience « d’Amour » au-delà de sa propre communauté et de sa propre Culture elle-même, c’est-à-dire, dans l’expérience d’un « Amour » universel en prenant conscience de la Sacralité de la vie et dans laquelle plus rien n’est profane.
La voie de l'intériorité c'est cela, dans une libre adaptation des écrits de RÛMÎ (1207-1273), poète Soufi de « l’Amour » : « L’essentiel est d’expérimenter l’Amour par-delà la « Raison ». Tarlalala… !, Tarlalala… !, j’en ai marre de toutes ces règles et de toutes ces morales, j’ai besoin de m’envoler par moi-même vers « l’Amour » par la musique et la danse (Derviche Tourneur). Je ne suis ni Musulman, ni Juif, ni Chrétien, ni Mazdéen, je ne suis ni d’orient, ni d’occident, ni de la mer, ni de la terre, je ne suis ni les astres qui gravitent, ni chaque élément de la Nature. Je suis « l’Amour » qui embrase le coeur et transporte l’âme et la pensée des Êtres vers « l’Universel » et « la Sacralité de la Vie. Je suis d’abord « la Vie » puis je suis « l’Amour » et l’Être prend conscience de la Sacralité par l’âme et la pensée reliées au cœur, car « l’Amour » et « la Bienveillance » sont celle flamme qui lorsqu’elle s’enflamme brûle tout de notre obscurité. »
L’Être humain étant par nature un esprit en condition charnelle :
- La voie de l’extériorité ou l’expérience mystique des croyants, est la rencontre fruitive de l’esprit humain avec un Absolu comblant et rassurant. Cette rencontre connaturalisée entre l’esprit humain, son cœur, et un Absolu comblant mène l’Être vers l’Amour universel par la compréhension de la sacralité du « Tout », la sacralité de la vie, entre soi, l’Absolu et le monde, dans une prise de conscience, celle de l’Être humain doué d’un Génie humain unique et non autonome, dans un besoin d’Absolu pour penser et agir, pour crée, construire et bâtir, en faisant de son mieux, dans un « esprit-cœur » ayant besoin de l’aide d’un Absolu et suivre un modèle de référence, empreint d’éthique (la responsabilité) et d’esthétique (la bienveillance et l’amour universel), la Connaissance de soi et du monde assouplies/affranchies de la morale verticale permettant la Présence au monde dans et en dehors d’un entre-soi et l’Acceptation du monde réel et universel tel qu’il est.
- La voie de l’intériorité ou l’expérience mystique pour les non-croyants, est un germe d’éveil fruitif et émancipateur de l’esprit humain dans une rencontre connaturalisée, d’une part, entre le conscient de l’Être et son inconscient (archétypes et morale, ressentiment, peur, haine, culpabilité, instincts primaires non réprimés, virilité, machisme, racisme, prédation, domination, etc.) et d’autre part, entre son esprit éveillé et son cœur. Cette rencontre connaturalisée entre l’esprit humain éveillé relié au coeur mène l’Être vers l’Amour universel par la compréhension de la sacralité du « Tout », la sacralité de la vie, entre Soi et le monde, dans une prise de conscience, celle de l’Être doué d’un Génie humain éveillé, unique et autonome (sans besoin d’Absolu), capable de penser et d’agir par lui-même, capable de crée, de construire et de bâtir par lui-même en faisant de son mieux, avec un « esprit-cœur » autonome et libre, empreint d’éthique (la responsabilité), d’esthétique (la bienveillance et l’amour universel), la Connaissance de soi et du monde, la Présence au monde et l’Acceptation du monde réel tel qu’il est.
Ce que les croyants appellent la Foi est en définitive un Germe d’éveil appelé Génie/Esprit humain relié au cœur lorsqu’il se fait créateur, constructeur, bâtisseur, capable d’aimer par lui-même sans le besoin d’une aide extérieure illusoire et inventée à l’origine de l’Humanité, celle d’un Absolu, force métaphysique ou ami imaginaire, grand architecte de l’univers.
Bien à vous, je vous souhaite une très belle journée et une très belle année 2026.