"La Bienveillance et l’Amour sont cette flamme qui lorsqu’elle s’enflamme brûle tout de notre obscurité".
8 Février 2026
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De Baruch SPINOZA à Carl Gustav JUNG ou la construction de soi, par la puissance de l'Optimisme, depuis la "Persona" jusqu'au "Soi", entre la voie de l'extériorité et la voie de l'intériorité
1) Baruch SPINOZA (1632-1677)
Ce sont les dualités qui structurent et conduisent la marche du monde, l'Être humain qui fait partie intégrante du monde et de la Nature n'échappe pas à cette règle, il oscille entre le Pessimisme et l'Optimisme, Tristesse et Joie, dans la manière dont il se sera construit depuis la tendre enfance, par la connaissance de soi ou pas, par la connaissance des causes qui précisément structurent et conduisent la marche du monde, les dualités :
Avant d'écrire l'Éthique (1677), Baruch SPINOZA, avait déjà tout compris, il nous dit, en complément de la citation du jour :
« L'optimisme et la joie sont le passage de l'Homme d'une moindre à une plus grande conscience et plénitude de soi ».
« La voie que j'ai montré pour atteindre jusque-là, paraîtra pénible sans doute, mais il suffit qu'il ne soit pas impossible de la trouver. Et certes, j'avoue qu'un but si rarement atteint doit être bien difficile à poursuivre ; car autrement, comment se pourrait-il faire, si le salut (intérieur) était si près de nous, s'il pouvait être atteint sans un grand labeur (que chacun(e) doit trouver à l’intérieur de soi), qu'il fût donc ainsi négligé de tout le monde ? Car tout ce qui est beau est aussi difficile que rare ».
Confronter les pensées philosophiques est sans doute le meilleur des décryptages, de Carl Gustav JUNG associé aux pensées d'autres philosophes humanistes magnifiques et géniaux, dans la compréhension de la construction de soi par deux voies l'extériorité et l'intériorité, permettant de comprendre, précisément, la marche du monde aujourd'hui.
2) De la « Persona » au « Soi » selon Carl Gustav JUNG (1875-1961)
« Persona », désignait le masque que portaient les acteurs de théâtre de la Grèce et de la Rome antiques. On retrouve également « Persona » dans le théâtre asiatique, etc. Ce masque avait pour fonction à la fois de donner à l'acteur l'apparence du personnage qu'il interprétait, mais aussi de permettre à sa voix de porter suffisamment loin pour être audible des spectateurs. Dans sa psychologie analytique, Carl Gustav JUNG a repris ce mot pour désigner la part de la personnalité qui organise le rapport de l'individu à la société, la façon dont chacun doit plus ou moins se couler dans un personnage socialement prédéfini afin de tenir son rôle social. Selon JUNG, le « Moi » (le conscient) de l’Être humain, peut facilement s'identifier à la « Persona », conduisant l'individu à jouer un rôle social, par mimétisme, par convention à la norme et à la morale, politiquement correcte, socialement correcte. Il convient donc de comprendre la « Persona « comme un « masque social », une image, créée par le « Moi » de l’Être, qui peut finir par usurper l'identité réelle de l'individu, dans un formatage cérébral, éducationnel, qui vient se substituer à la réalité profonde de l’Être, ce qu’il est, ce qu’il représente en tant qu’Être humain. Bien que nécessaire pour interagir avec le monde extérieur, la « Persona » peut être considérée comme une façade externe, souvent influencée par les attentes sociales, qui peut masquer la véritable nature de l'individu et entraver la compréhension de soi et de la réalité profonde de son Être.
2) La construction de soi entre la voie l’extériorité et la voie de l’intériorité
L'Être humain est un esprit en condition charnelle, c'est-à-dire, qu'il est avant tout un esprit et un coeur. Puis deux voies s’offrent à lui, dans la construction de soi.
- La « Persona », ce masque social, se construit dans la voie de l'extériorité, c'est-à-dire, la rencontre entre l'esprit, le coeur et une extériorité considérée comme étant supérieure à soi (un absolu comblant et rassurant, un dogme, une doctrine religieuse ou politique). Lorsque le disque dur cérébral de l'Être est formaté par une extériorité depuis la tendre enfance, l'adolescence et l'âge adulte, l'Être se crée ainsi, précisément, par ce biais, sa « Persona », son masque social dans lequel il joue un rôle dans le gigantesque théâtre social. En construisant sa « Persona », en revêtant ce masque social, il joue donc un rôle, comme le ferait un acteur, correspondant à la norme et à la morale collective et acceptée par tous, dictée précisément par l'extériorité. Dans un cadre, trop souvent rigide, l'Être n'est pas véritablement lui-même, c'est-à-dire, qu’il n’est pas dans un savoir-être correspondant à la réalité profonde de ce qu'il est, en tant qu'Être humain. L'extériorité dirige l'Être vers un chemin qui trop souvent, le pousse, à s'ancrer dans les dualités négatives et les stéréotypes dictés précisément par la norme et la morale de cette même extériorité (différence de genre, stigmatisation des autres "EUX" car ils ont différents et ne correspondent pas, précisément à la norme et à la morale, confortable servitude et soumission à l’extériorité, vulnérabilité, fragilité, pessimisme, l’Ego, l’Avoir au lieu d’ÊTtre, ou Être possédé par ce que l'on possède, etc.).
La voie de l'extériorité divise en inscrivant les Êtres humains dans des verticalités, des silos, des vérités absolues, des entre-soi, qui sont trop souvent mortifères, car ils sont absurdes et arbitraires, la voie de l'extériorité correspondant au "monde vieux, suranné et proche de la ruine" (Hannah Arendt) car elle projette les Êtres humains, dans ce gigantesque théâtre social, ce gigantesque bac à sable, dans lesquels chacun(e) dépositaire de ses formatages cérébraux, des vérités absolues, de ses normes et de sa morale, toutes différentes, se tape dessus à coup de pelles et de râteaux.
« Celui qui regarde à l'extérieur rêve d'illusion, celui qui regarde à l'intérieur s'éveille » (Carl Gustav JUNG).
- Ainsi, sortir de sa « Persona » et de son masque social, c'est s'ancrer dans la voie de l'intériorité, c'est-à-dire, dans une rencontre entre l'esprit, le coeur et le "Germe d'éveil" que chaque Être humain détient à l'intérieur de lui-même. La voie de l'intériorité permet de se tourner vers soi-même, en se regardant en face et en comprenant précisément comme son disque dur cérébral a été formaté (quel rôle je dois jouer dans ce théâtre social par le formatage que j’ai reçu ?), et, aller chercher dans son "Germe d'éveil", la réalité de son Être, la Connaissance de soi (comment je fonctionne ? Comment la société me demande de fonctionner ?) et la Connaissance du monde (vérités plurielles), l'Éthique (la responsabilité), l'Esthétique (la bienveillance et l'amour), la Présence de l'Être au monde et l'Acceptation du monde réel tel qu'il est dans sa diversité et sa biodiversité, il s'agit bien ici des 5 piliers de l'Humanisme, des 5 piliers de la Sagesse, etc... que l'on retrouve dans tous les courants philosophiques et spirituels humanistes du monde.
La voie de l’intériorité, permet progressivement d’accéder à l’Esprit critique, Penser par soi-même, émancipé des extériorités, des verticalités, des vérités absolues, des normes, des morales, des traditions, des coutumes, etc… (toutes différentes) que l’Être parvient progressivement à reléguer au rang de « FOLKLORE », pour s’ancrer dans l’Immanence, l’Humanisme, l’Universel en percevant à l’intérieur de lui-même, la résonance de l’Âme du monde, c'est-à-dire, sa Beauté, de sa Diversité et de sa Biodiversité.
De même, la voie de l'intériorité, permet de découvrir et de comprendre, sa "Persona", son "Animus" et son "Anima", son "Ombre", et de réconcilier son conscient (le Moi) et son inconscient (le Ça) en construisant le "Soi". Carl Gustav JUNG dans ses travaux au-delà de la "Persona" avait également mis en évidence :
- "L'ANIMUS" et "L'ANIMA" : "L'Anima" est la partie féminine de la psyché masculine, et "l'Animus" est la partie masculine de la psyché féminine :
. "L'Anima" : La part féminin du masculin, se caractérise par l'empathie, la confiance, l'intuition et l'émotion ;
. "L'Animus" : La part masculine du féminin représente la pensée logique, la résolution de problèmes et la stabilité émotionnelle.
- "L'OMBRE" fait partie de l'inconscient et constitue le lieu d'expression des instincts primaires de l'Être, les instincts sexuels et les instincts vitaux, qui conduisent l'Être vers un savoir-être empreint de virilité, de machisme, de racisme, de domination et de prédation, etc.. Il s’agit également, des désirs et des valeurs morales et d’éthique refoulées qui conduisent à l'envie, la cupidité, les préjugés, le ressentiment, la peur, la haine, qui projette l'Être vers un savoir-être de faiblesses, de vulnérabilités, d'ignorance, de refus de la connaissance et du comblement de ses Lacunes, refus de l’éthique (la responsabilité), refus de l’esthétique (la bienveillance et l’amour), refus de la Présence de l’Être au monde, refus de l’Acceptation du monde réel tel qu’il est (refus des 5 piliers de l'Humanisme, 5 piliers de la Sagesse, etc.). Ce savoir-être négatif et pessimiste le propulse vers l'agressivité et la violence.
- Enfin "le Soi" : Pour JUNG, "Le Soi" représente l'unité de la Conscience et de l'Inconscient de l'Être. Jung représentait souvent "le Soi" sous la forme d'un cercle, d'un carré ou d'un mandala tibétain.
Carl Gustav JUNG avait donc tout compris. En effet, si la Nature a crée le monde empreint de dualités qui le structurent et le conduisent, c'est précisément pour permettre d’y recherche et d’y trouver un équilibre. L'Être humain fait partie intégrante de la Nature, il doit avoir ce devoir impérieux de rechercher et de trouver un équilibre dans toutes choses à commencer par lui-même, c'est-à-dire à l'intérieur de soi, et puis ensuite à l'extérieur de soi, c'est-à-dire, dans le monde, dans le "Tout", dans la vie qui constitue le "Sacré". Le "Profane" étant exclusivement constitué par le "Loup mauvais" qui réside à l'intérieur de nous-même, c'est à dire, nos instincts primaires, nos désirs et nos valeurs refoulées, notre part "d'OMBRE".
Conclusion
- Vous comprenez désormais : POURQUOI ? « Dans un une même population, un même pays, une même culture, certains Êtres se laissent séduire par les vagues de l'extase du populisme, de l'extrémisme, du fanatisme religieux, de la tradition, du patriotisme, du nationalisme, du souverainisme, du masculinisme, etc., dans des verticalités, dans la confortable servitude et soumission aux extériorités, alors que d'autres Êtres ne se laissent ni séduire, ni embarquer et parviennent envers et contre tout, à conserver une sérénité, une liberté, un discernement, une indépendance de jugement, dans un esprit critique, penser par soi-même que rien ni personne ne pourra jamais leur enlever. À quoi tient cet aiguillage, cette orientation des Êtres sur des chemins différents ? Savez-vous qui sont les Mangeurs de vents ? Qu’avons-nous raté dans l’Éducation de nos enfants ? » (Boris Cyrulnik)
- Enfin, pour tout comprendre : Hannah ARENDT nous dit : « Il adviendra un moment où l'on décidera si nous aimons suffisamment le monde pour en assurer la pleine responsabilité, non plus dans la domination, la prédation de l'Être, de la Nature et le déséquilibre du « Tout » que les verticalités génèrent en ne produisant que de l’absurde et de l’arbitraire. Mais plutôt dans l'Éthique, l'Esthétique, la responsabilité, la recherche d'un équilibre pour le « Tout » qui font penser durablement l'Être et la Nature remis au centre de toutes choses [...] Comment mobiliser dans les esprits une "Nouveauté" et l'introduire comme un "Ferment" dans un monde de verticalités patriarcales déjà vieux, suranné et proche de la ruine. Aussi révolutionnaire que puissent être ses actes, l’Éducation sur les principes de "l’Immanence", de "l’Universel", de l'Humanisme (voie de l'intériorité), restent et demeurent cette "Nouveauté" que seul l’Esprit critique pourra envisager ».
Mais rappelez-vous la vérité ne se possède pas, elle se recherche et elle se partage.
Bien à vous, je vous souhaite une très belle journée et un excellent week-end.
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