"La Bienveillance et l’Amour sont cette flamme qui lorsqu’elle s’enflamme brûle tout de notre obscurité".
3 Février 2026
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Suppression du devoir conjugal, une avancée pour le droit des femmes face au patriarcat encore dominant et aux sociétés traditionnelles très religieuses :
Les députés ont adopté à l'unanimité, mercredi 28 janvier, un texte affirmant explicitement la suppression de tout devoir conjugal au sein du mariage. Cette évolution vise à renforcer la prévention des violences sexuelles, en rappelant que le consentement aux relations sexuelles ne peut jamais être présumé. Une évolution qui à Mayotte pose un problème de conscience.
Pour comprendre cette évolution nécessaire et pourquoi l’horizontalité des sociétés démocratiques et laïques doit absolument se substituer aux verticalités, des sociétés traditionnelles religieuses et patriarcales, il convient d’analyser le sujet sous l’angle de la Philosophie :
Tous les courants philosophiques humanistes définissent l’Être humain comme un esprit en condition charnelle, c’est-à-dire, que l’Être humain est avant tout un esprit et un cœur et d’autre part, que l’Être humain nait deux fois. Il nait une première fois physiquement et biologiquement en sortant du corps de la mère et il nait une seconde fois dans un processus de construction de soi psycho-spirituel. C’est alors que deux voies s’offrent à lui ou elle :
- La voie de l'Extériorité, qui est la rencontre entre l'Esprit, le Coeur et une Extériorité : un Absolu (Dieu/Allah, etc.) comblant et rassurant ou toutes autres idéologies morales, religieuses, politiques également comblantes et rassurantes. Ici l’Être humain face ses vulnérabilités et ses fragilités, est dépositaire de ce besoin de sécurité, de hiérarchie et donc d'obéissance, dans une confortable servitude et soumission à la morale, à la loi, aux récits religieux ou politiques.
- La voie de l'Intériorité, qui est la rencontre entre l'Esprit, le Coeur et un « Germe d'éveil » que chaque Être humain possède à l'intérieur de lui-même, qui le mène progressivement vers l’Autonomie, l'Esprit critique, Penser par soi-même et donc à l'émancipation des confortables servitudes et soumissions, celles des vérités absolues et des verticalités patriarcales trop souvent mortifères.
« Celui ou celle qui regarde à l’extérieur de soi rêve d’illusion dans la confortable servitude et soumission, celui ou celle qui regarde à l’intérieur de soi s’éveille dans l’autonomie, l’esprit critique, penser par soi-même » (Carl Gustav JUNG)
La voie de l'intériorité, permet alors de comprendre très vite que la construction de soi repose sur des dualités entre : Confortable servitude et soumission à l'Extériorité/Éveil et développement personnel de l’Être humain ; Morale/Éthique ; Sécurité/Liberté, Hiérarchie/Égalité, Obéissance/Esprit critique et penser par soi-même ; Verticalité patriarcale religieuse et dogmatique / Horizontalité (diversité et biodiversité), etc.
- À propos du statut de la femme : « On ne nait pas femme, on le devient, par un formatage sociétal […]. Le statut de la femme est une construction entièrement sociale imposée aux femmes dès leur enfance à travers une Éducation qui les positionne au second plan en les rendant sujet, objet et dépendante des hommes […]. Ce schéma est perpétué par les femmes plus âgées au comportement ambiguës qui se reconnaissent à la fois, dans un besoin nécessaire d’émancipation de la femme du patriarcat dominant, mais sont rattrapés par le formatage imposé depuis l’enfance, dans une obligation archétypale, celle de préserver des valeurs traditionnelles ou religieuses figées dans un immobilisme sociétal, qu'elles devraient au contraire chercher à combattre afin de créer la véritable égalité des sexes. […] Sous couvert de protection nécessaire de la femme évoquée dans certaines traditions, la femme reste et demeure une nécessité bénéfique à l’homme, dans une liberté contrôlée et une posture de subordination, dans laquelle le patriarcat doit la maintenir par tradition sociétale ou religieuse. […] Les amitiés féminines sont un espace de liberté important dans lequel, il se constitue un contre-univers, où les femmes se réfugient et se lient dans une complicité immanente. Elles sont entre-elles, libres, naturelles et sincères. En revenant dans le monde et avec leurs époux, elles sont de nouveau en représentation et font semblant de s’accepter comme sujet, objet, utile, nécessaire et dépendant ». Simone de Beauvoir (Le Deuxième Sexe). C’était en 1949, aujourd’hui, malgré les évolutions sociétales, tout reste à conquérir, face aux masculinistes et aux sociétés traditionnelles… ! Ce qu’il convient donc de comprendre ici : le corps de la femme n’appartient ni à son mari, ni à la société traditionnelle dans sa morale. Cette morale qui est défini par le patriarcat de manière verticale et descendante. La femme dispose de son corps par elle-même, comme elle l’entend, en tant qu’Être humain qui sait Penser et Agir en autonomie. Il en est de même pour le corps de l’homme qui n’appartient pas, non plus, à son épouse. Il convient donc de comprendre les relations de couple ici, par le biais de la philosophie et de la poésie :
« Ils se donnent en fusion leurs cœurs et leurs âmes, mais sans emprise l’un sur l’autre ;
Ils se dressent donc toujours ensemble, mais jamais trop près l'un de l'autre ;
Car ils savent que les piliers du temple de l’amour doivent toujours se dresser séparément, pour en soutenir ensemble et solidement, le fronton, avec le même effort et le même courage ;
Comme deux chênes ne peuvent croître dans l’ombre et l’emprise, l’un de l’autre ;
Comme chaque corde d’une même guitare demeure libre et autonome, dans le frémissement de la même harmonie ».
- À propos des Dieux et des religions : « […] Toutes les Dieux et les religions du monde ne sont que des inventions humaines, […] Tout ce que votre religion vous enseigne, et vous oblige si absolument de croire, comme surnaturel et divin, n’est dans le fond qu’erreur, mensonge, illusion et imposture… » (Jean MESLIER (1664-1729). Ce brave Abbé MESLIER, prêtre et philosophe de son état, avait déjà tout compris, en particulier, comment un certain patriarcat, peut utiliser et se servir des extériorités (morales, religions et idéologies), pour se créer un espace vital, une zone d’emprise et d’impunité, pour maintenir la société dans une confortable servitude et soumission avec trop souvent cet objectif mortifère qui est celui de la déshumanisation du plus grand nombre au profit de l’épanouissement de quelques-uns : « Vous vous amusez, Messieurs (ce vieux patriarcat poussiéreux), à interpréter et à expliquer figurativement, allégoriquement et mystiquement des vaines écritures que vous appelez néanmoins saintes et divines ; vous leur donnez tel sens que vous voulez ; vous leur faites dire tout ce que vous voulez par le moyen de ces beaux prétendus sens spirituels et allégoriques que vous leur forgez, et que vous affectez de leur donner, afin d’y trouver, et d’y faire trouver des prétendues vérités qui n’y sont point, et qui n’y furent jamais. Vous vous échauffez à discuter de vaines questions de grâce suffisantes et efficaces. Et en plus, vous vilipendez le pauvre peuple, vous le menacez de l’enfer éternel pour des peccadilles, et vous ne dites rien contre les voleries publiques, ni contre les injustices criantes de ceux qui gouvernent les peuples, qui les pillent, qui les foulent, qui les ruinent, qui les oppriment et qui sont la cause de tous les maux, et de toutes les misères qui les accablent. »
Ce brave Abbé Meslier, empreint d’Esprit critique, Penser par lui-même, à la faveur de la pratique de la philosophie et de la recherche de la vérité, avait également tout compris, s'agissant de la « Foi ». La « Foi » en un Absolu (Dieu/Allah) comblant et rassurant, cet ami imaginaire inventé par les verticalités patriarcales, ne constitue en réalité que ce qui est précisément, le « Germe d’éveil » immanent que chaque Être humain possède à l’intérieur de lui-même, c’est-à-dire, la pratique de la Connaissance de soi et du monde (vérités plurielles), l’Éthique (la responsabilité), l’Esthétique (la bienveillance, l’attention, l’amour), la Présence de l’Être au monde, et l’Acceptation du monde réel tel qu’il est, dans sa diversité et dans sa biodiversité. Ce « Germe d’éveil » qu’il découvre et qu’il comprend dans la voie de l'Intériorité qui forge progressivement son Esprit critique, Penser par soi-même. Ce long cheminement intérieur mène progressivement à la résonance de l’Âme du monde et de l’Amour à l’intérieur de soi-même, et c’est précisément ce que les croyants appellent la « Foi ».
Pour l'abbé MESLIER, l'erreur fondamentale de l’Humanité a été celle d’éduquer ses propres enfants, avec la religion, les idéologies, les dogmes et les doctrines. Nous savons aujourd’hui, avec la pratique de la philosophie que NON, on n’éduque pas les Êtres humains avec la religion, les idéologies, les dogmes, les doctrines et les récits du « NOUS » contre « EUX », dans une confortable servitude et soumission à une extériorité, une vérité absolue non vérifiée et confrontée aux autres vérités plurielles. On éduque par la recherche du « Germe d’éveil » que chaque Être humain possède à l’intérieur de lui-même. Ainsi, le changement total de paradigme consiste à opérer un bouleversement total dans les mentalités vers un monde nouveau celui de l’Esprit critique et Penser par soi-même dans lequel l’Être humain dans sa grande diversité devient le « Sacré » et toutes les religions, les idéologies, les dogmes, les doctrines, deviennent elles-mêmes désormais, le « Profane » qui projette l’Être humain dans des projets de société mortifères pour l’Humanité toute entière, et qu’il convient absolument de reléguer au rang de « Folklore » dans l’inconscient de chaque Être humain permettant de s’ancrer dans l’Immanence, l’Humanisme, l’Universel, la Démocratie, la Laïcité, la Diversité, la Biodiversité. Sur cette question, Hannah ARENDT en 1961, avait également déjà tout compris : « Comment mobilier dans les esprits une « Nouveauté » et l’introduire comme un « Ferment » dans un monde de verticalité patriarcales déjà vieux, suranné et proche de la ruine. Aussi révolutionnaire que puisse être ses actes, l’Éducation sur les valeurs de l’Immanence, de l’Horizontalité, de l’Humanisme, de l’Universel, de la Démocratie, de la Laïcité, de la Diversité, de la Biodiversité restent et demeurent cette « Nouveauté » que seul l’Esprit critique pourra envisager ».
- Vous comprenez maintenant, Pourquoi ? : « Au sein d’une même population, un même pays, une même culture, certains Êtres se laissent séduire et embarquer par les vagues de l'extase du populisme, de l'extrémisme, du fanatisme religieux, des idéologies souvent portées par des verticalités patriarcales, dans une confortable servitude et soumission, alors que d'autres Êtres ne se laissent ni séduire, ni embarquer et parviennent envers et contre tout, à conserver une sérénité, une liberté, un discernement, dans un Esprit critique, penser par soi-même que rien ni personne ne pourra jamais leur enlever. À quoi tient cet aiguillage, cette orientation des Êtres humains sur des chemins différents ? Savez-vous qui sont les « Mangeurs de vents » ? Et, qu’avons-nous raté dans l’Éducation de nos enfants ? » (Boris Cyrulnik)
Conclusion :
La société mahoraise doit absolument se transformer radicalement dans ses mentalités profondes et sa manière de penser le monde. La problématique est d’une part, que, dans le cœur et dans l’âme profond d’un mahorais ou d’une mahoraise, il n’y a pas encore solidement ancré, les valeurs d’Immanence, d’horizontalité, d’Humanisme, d’Universel, de Démocratie, de Laïcité, de Diversité, de Biodiversité. Dans le cœur et dans l’âme profond d’un mahorais ou d’une mahoraise il y a encore la culture comorienne ancestrale très religieuse empreinte de verticalité patriarcale dominante, celle des vieilles sociétés traditionnelles de l’Humanité.
D’autre part, la problématique fondamentale, vient du fait qu’un mahorais ou qu’une mahoraise est encore naïvement persuadé que c’est sa manière de penser le monde, celle de la société traditionnelle dans ses verticalités patriarcales qui influencera, modèlera, changera les valeurs d’Immanence, d’horizontalité, d’Humanisme, d’Universel, de Démocratie, de Laïcité, de Diversité, de Biodiversité. Il s’agit ici d’une erreur fondamentale, car être persuadé de cela, c’est aller à contre-sens de l’Histoire et de l’évolution de l’Humanité, celle des Êtres humains autonomes, libres dans leur esprit-critique et penser par soi-même, émancipé des confortables servitudes et soumission des extériorités religieuses, politiques et patriarcales.
Vous comprenez maintenant pourquoi, ce territoire est en grande difficulté, car tout s’implement il n’est pas capable de penser le monde autrement que par le biais de la religion et de la morale traditionnelle. Les difficultés de ce territoire, ne sont donc pas exclusivement la faute de l’État, la faute de la France, que Mayotte a choisi pour conduire son destin, dont le rôle de l’État, en toute responsabilité, est bien celui de transformer cette vieille société traditionnelle pour la faire évoluer dans ses mentalités, ce que la majorité des mahorais et des mahoraises ne sont pas encore prêt et prête à réaliser dans leur for-intérieur, celui de reléguer la société traditionnelle au rang de « folklore » pour que la morale religieuse et patriarcale, ne soit plus la loi. Les autres départements en France métropolitaine et en outre-mer l’ont fait, il appartient donc à chaque mahorais et à chaque mahoraise d’entrer radicalement dans ce chemin.
Bien à vous, je vous souhaite une très belle journée.