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"La Bienveillance et l’Amour sont cette flamme qui lorsqu’elle s’enflamme brûle tout de notre obscurité".

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Etty HILLESUM où l'expérimentation du "Germe d'éveil" dans la voie de l'intériorité

Etty HILLESUM (1914-1943)

Etty HILLESUM où l'expérimentation du "Germe d'éveil" dans la voie de l'intériorité

Etty (Esther) Hillesum est née à Middelbourg aux Pays-Bas, le 15 janvier 1914 et est décédée au camp de concentration d’Auschwitz, le 30 novembre 1943. Elle a tenu son journal intime entre 1941 et 1942 et écrit de de nombreuses lettres depuis le camp de transit de Westerbork (Pays-Bas) dans lequel elle a été internée entre 1942 et 1943.
1) L’entrée dans la voie de l’intériorité
Le 3 février 1941, Etty HILLESUM entreprend une thérapie avec Julius SPIER. Ce dernier a été lui-même élève puis confrère de Carl Gustav JUNG (1975-1961), médecin psychiatre et fondateur de la psychologie analytique.
Julius SPIER fidèle aux enseignements de Carl Gustav JUNG suggère à Etty HILLESUM, d'entretenir un journal intime dont elle débute la rédaction le 9 mars 1941. Son journal intime et ses lettres, publiés sous différents ouvrages entre 1985 et 2020 (Bibliographie : http://urlr.me/MXhTHS) sont une merveille de compréhension de son entrée progressive dans la voie de l'intériorité à la recherche de son "Germe d'éveil" par le biais du processus d'individuation qui mène selon Carl Gustav JUNG au "Numineux" (concept élaboré par le philosophe Rudolf OTTO), c'est-à-dire, éprouver le sacré en soi-même, lorsque le conscient rejoint l'inconscient.
Dans son journal intime, Etty HILLESUM écrit, qu'il n'y a pas de personne plus malheureuse qu'elle sur Terre, qu'elle connaît des moments dépressifs, qu'elle manque de confiance en elle et qu'elle éprouve la pénible sensation d'un désir insatiable devant la beauté des Êtres et du monde.  Par ailleurs, des relations complexes se tissent entre Etty et Julius SPIER son thérapeute. Etty dans une confiance totale est à la fois sa patiente, son élève, sa secrétaire et son amante. D’une relation à la fois, complexe, tumulteuse et thérapeutique autant pour l’un que pour l’autre. Un an plus tard, Etty écrit dans son journal intime : « Je pense que désormais je fêterai mon anniversaire le 3 février, car aujourd’hui, je célèbre ma première année, la plus belle année de ma vie […] Un puit très profond est en moi. Dieu ? (ou mon germe d’éveil ?) est dans ce puit. J’arrive à le rejoindre ». Malgré des relations complexes, Julius SPIER est devenu pour Etty, son maître spirituel, elle le nomme « l’accoucheur de mon âme ». À ce propos, Thomas d’ANSEMBOURG, psychothérapeute, nous dit « L’Être humain nait deux fois, la première est la naissance physique et biologique après être sorti de l’utérus de la mère, et la seconde est une naissance psycho-spirituel ».
Pour Etty HILLESUM, la recherche de son "Germe d'éveil" dans une descente au plus profond d’elle-même psycho-spirituelle, lui permet d'écrire dans son journal intime comme dans ses lettres alors qu'elle est confrontée à l'horreur absolue des camps de concentration, ces lignes magnifiques et géniales, d'une profondeur absolue. Où comment ressentir à l'intérieur de soi, résonner l'Âme du monde, la beauté des Êtres humains, la sacralité de la vie et le monde réel dans sa totalité :
- « La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie, (…), il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toutes normes (…) il faut oser faire le grand bond dans le cosmos : alors la vie devient infiniment riche, elle déborde de dons, même au fond de la détresse. » ;
- « Cet amour que l’on ne peut plus déverser sur une personne unique, sur l’autre sexe, ne pourrait-on pas le convertir en une force bénéfique à la communauté humaine et qui mériterait peut-être aussi le nom d’amour ? Et lorsqu’on s’y efforce, ne se trouve-t-on pas précisément en pleine réalité ? » ;
- « Le sentiment de la vie est si fort en moi, si grand, si serein, si plein de gratitude, que je ne chercherai pas un instant à l’exprimer d’un seul mot. J’ai en moi un bonheur si complet et si parfait, mon Dieu ? (ou mon « Germe d’éveil ? »). Ce qui l’exprime encore le mieux, ce sont ses mots à lui : « se recueillir en soi-même ». C’est peut-être l’expression la plus parfaite de mon sentiment de la vie : je me recueille en moi-même. Et ce « moi-même », cette couche la plus profonde et la plus riche en moi où je me recueille, je l’appelle « Dieu ? » (ou « Germe d’éveil » ?) ;
- « Je connais l’air traqué des gens, l’accumulation de la souffrance humaine, je connais les persécutions, l’oppression, l’arbitraire, la haine impuissante et tout ce sadisme. Je connais tout cela et je continue de regarder au fond des yeux le moindre fragment de réalité qui s’impose à moi. » ;
« À la fin de la journée, j’éprouvais toujours le même sentiment, l’amour de mes semblables. Je ne ressentais aucune amertume devant les souffrances qu’on leur infligeait, seulement de l’amour pour eux, pour leur façon de les endurer, si peu préparés qu’ils fussent à endurer quoi que ce fût. » ;
« Bon, on veut notre extermination complète : cette certitude nouvelle, je l’accepte. Je le sais maintenant. Je n’imposerai pas aux autres mes angoisses et je me garderai de toute rancœur s’ils ne comprennent pas ce qui nous arrive à nous, les Juifs. Mais une certitude acquise ne doit pas être rongée ou affaiblie par une autre. Je travaille et je vis 3/5 avec la même conviction et je trouve la vie pleine de sens, oui, pleine de sens – malgré tout.
» ;
« Je ne fuis pas la « fatalité de masse », je possède seulement l’incroyable force de la vie intérieure. Chaque jour je suis sur les champs de bataille ou, peut-on dire, les champs de massacre. Parfois s’impose à moi comme une vision des champs de bataille de la couleur verte d’un poison, je suis auprès des affamés, des torturés, des moribonds, chaque jour ; mais je suis aussi proche du jasmin et du morceau de ciel derrière ma fenêtre. Dans une vie, il y a place pour tout. » ;
- « Des dizaines de milliers de gens ont déjà quitté ces lieux, habillés ou nus, vieux ou jeunes, malades ou bien portants – et je n’en continue pas moins à vivre et à travailler en toute sérénité. Ce sera bientôt le tour de mes parents de quitter le camp, si par miracle ils ne s’en vont pas cette semaine, ce sera pour une des semaines à venir. Cela aussi je dois apprendre à l’accepter. (…) Je me sens de force à affronter mon destin, mais pas celui de mes parents. Ceci est la dernière lettre que je puisse écrire librement. Cet après-midi on nous retirera nos cartes d’identité, dorénavant nous serons des détenus. » ;
Ce que nous a laissé Etty HILLESUM dans son journal intime et ses lettres, est une lecture à la fois sidérante, bouleversante et profondément transformatrice de nous-même. C'est une lecture qui agite l’esprit et le coeur, qui les stupéfie, pour les transformer, et nous pousser au bout de nous-même, d'une part, dans la compréhension de ce qu'est la marche du monde dominé par l'Humanité, capable du pire comme du meilleur. Et d'autre part, cette prise de conscience que cette même marche du monde dépend en définitive de chacun(e) d’entre nous. Comment une jeune femme initialement prisonnière de ses problèmes personnels et intimes, égoïste, dépressive, triste, pessimiste, fragile, vulnérable, tiraillée par ses contradictoires et ses dualités intérieures. Comment est-elle devenue cette lumière dans la nuit entourée de tant d'autres Êtres humains, assommés par un destin qu'ils ne comprenaient pas ?
Ce que ressent Etty HILLESUM au plus profond d'elle-même dans la recherche de son « Germe d’éveil », dans ces moments de plénitude de soi, de plénitude de son Être connecté à l'Âme du monde, à la beauté de la vie et du monde réel, et qu'elle nomme "Dieu" relève probablement non pas de la transcendance, c'est-à-dire de la présence de Dieu en elle-même, mais plutôt de l'Immanence de son Être qui se trouve être précisément, en totale connexion avec l’Immanence des autres Êtres humains, en connexion avec le monde réel et avec la Nature, étant ainsi dans un état de totale plénitude, dans une maîtrise totale de son "Germe d'éveil" à l'intérieur duquel, elle prend conscience de son humanité pleine et entière connecté au monde réel et aux autres Êtres, conscient de son génie humain, de son potentiel et de ses capacités extraordinaires, celles de mobiliser son esprit et son coeur dans un puissance d'agir (Penser et Agir) dans une totale : bienveillance et amour (l'esthétique), responsabilité (l'éthique), présence de son Être au monde, et acceptation du monde réel tel qu'il est dans sa diversité et sa biodiversité et cela passe nécessairement, par la connaissance de soi-même et du monde (vérités plurielles). Il s'agit bien ici du "Germe d'éveil" que chaque Être humain détient à l'intérieur de lui-même (homme, femme, enfants), il s'agit du "Loup bon" que l'on doit nourrir à l'intérieur de soi-même et c'est en définitive, ce que les croyants appellent "La Foi".
En effet, Etty HILLESUM, nous dit :
- « En vérité, ma vie est une longue écoute de moi-même, des autres et de Dieu ? (ou de mon "Germe d'éveil ?). Et si je dis que j’écoute, c’est en réalité Dieu ? (ou mon "Germe d'éveil" ?) qui écoute en moi. Ce qu’il y a de meilleur et de plus essentiel en moi-même (mon "Germe d'éveil), écoute ce qu’il y a de plus essentiel et de plus profond chez l’autre (son "Germe d'éveil). De Dieu à Dieu ? (ou de Germe d'éveil à "Germe d'éveil" ? C'est-à-dire, d'Immanence de l'Être humain à Immanence de l'Être humain, chacun(e) ayant découvert précisément leur "Germe d'éveil" dans la voie de l'intériorité) ».
« Je ne vois pas d’autre issu, que chacun de nous fasse un retour sur lui-même et extirpe et anéantisse en lui tout ce qu’il croit devoir anéantir chez les autres. Et soyons bien convaincus que le moindre atome de haine que nous ajoutons à ce monde nous le rend plus inhospitalier qu’il ne l’est déjà. Je ne crois plus que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur que nous n’ayons d’abord à corriger impérativement en nous-même. L’unique leçon de cette guerre est de nous avoir appris d’abord à rechercher le juste, le bien, le beau et le vrai, en nous-même et pas ailleurs ».
Ce que veut nous dire probablement, Etty HILLESUM, dans ces deux citations, est la compréhension de ce que sont, en définitive, le Sacré et le Profane :
- Lorsque le disque dur cérébral de l'Être humain est formaté dans la voie de l'extériorité, le sacré est précisément l'extériorité et tout ce qui s'y rapporte : l'Absolu (Dieu/Allah), le message révélé (Bible, Torah, Coran, Hadith, Minhadj, etc.), la vérité absolue religieuse, dogmatique, la morale qui en est issue, les espaces de pratique des rituels (église, mosquée, synagogue, temple, les lieux de cultes du religieux et du dogme) et les officiants (pape, cardinaux, évêques, prêtres, pasteurs, rabbins, ayatollah, Imam, etc.). Et le profane représente donc tout le reste, c'est-à-dire, les autres "EUX", ceux qui sont différents dépositaires d'une autre vérité et donc d'une autre morale, les lieux profanes ceux des autres vérités, le monde réel, la Nature, que l'on peut donc selon son bon vouloir dominer ou saccager.
- Lorsque le disque dur cérébral de l'Être humain est formaté dans la voie de l'intériorité, le sacré devient la vie dans sa totalité. Lorsque résonne en soi l'âme du monde, la sacralité de la vie, la beauté du monde réel dans sa diversité et sa biodiversité, l'Être comprend très vite par lui-même, en définitive, qu'il ne reste plus qu'une seule contingence qui est profane. Il s'agit précisément, de la "Part d'ombre", il s'agit du "Loup mauvais" que chaque Être humain détient à l'intérieur de lui-même. Il s’agit, précisément, du ressentiment, de la peur, de la haine, de la virilité, du machisme, du racisme, de la prédation, de la domination, de la violence, des abus sexuels, du viol, du sexisme, de la stigmatisation des autres, « EUX », ceux qui sont différents, etc., et qui malheureusement trop souvent laissent dans le désarroi le plus total des individus, des familles et à plus grande échelle des sociétés humaines entières.
Magnifique et génial Etty HILLESUM (1914-1943), qui avait donc déjà tout compris, c’était en 1943, après être entrée dans le long cheminement de la voie de l'intériorité. Avec peut-être, la compréhension du "Germe d'éveil" probablement en remplacement de Dieu, ce "Père Amour", ce "Père Arbitre", invisible, imaginaire, illusoire, absent du monde réel, si ce n'est, la Nature naturante et naturée merveilleusement appréhendée par Baruch SPINOZA.


2) Il faut absolument éduquer nos enfants par le biais de la voie de l’intériorité
Lorsque l'on pratique la Philosophie humaniste et que l'on entre soi-même, avec courage et effort dans la voie de l'intériorité, il nous est permis de découvrir qu’en définitive, l'Être humain est un esprit en condition charnelle. C'est-à-dire qu'il est avant tout un esprit et un coeur, après être sorti de l’utérus de la mère. Deux voies s'offrent alors à lui, dans la construction de soi et son Éducation :
- La voie de l'Extériorité qui est la rencontre entre l'Esprit, le Coeur, et une Extériorité (un Absolu Dieu/Allah, un invisible, une vérité absolue religieuse, politique, idéologique, dogmatique, économique, consumériste). L'Extériorité fige l'Être dans une vérité unique, invariablement immobile, confortable et servile, en particulier, lorsque le disque dur cérébral de l'Être a été formaté depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte précisément par ces mêmes vérités absolues, religieuses, dogmatiques, et les verticalités patriarcales dominantes acceptées par tous depuis des millénaires. L’Être devient alors malheureusement et trop souvent, un « Mangeur de vent » (Boris CYRULNIK), un Endormi (Héraclite), un homme ou une femme du sous-sol (Fiodor Dostoïevski), fragile, vulnérable et influençable, il se laisse séduire et embarquer par le premier gourou qui passe dans des récits religieux ou politiques fabriqués et invariablement clivants, ceux du "NOUS" contre "EUX". Car tout simplement la voie de l'extériorité enseigne une morale relmoigieuse, politique, économique, consumériste impersonnelles, stéréotypée et socialement mimétique.
Par ailleurs, la morale religieuse ou politique qui formate le disque dur cérébral des Êtres humains, cantonne malheureusement et trop souvent les individus dans des rôles bien définis. La morale religieuse ou politique régit, en particulier, le rôle de la femme et le rôle de l'homme, créant des relations d'emprises entre les Êtres humains. La mise en application de la morale dans le monde réel, engendre un processus de censure ou d'autocensurent dans une peur devenue maladive de transgresser l'interdit, par exemple : "Je ne serai jamais capable de faire cela, c'est une activité d'homme et je suis une femme", etc.
La voie de l'extériorité comporte donc ce risque majeur, d'une part, de la confortable servitude et soumission à la vérité absolue et à la morale religieuse ou dogmatique qui en est issue, d'autre part, la même morale religieuse et dogmatique impersonnelle, stéréotypée et socialement mimétique appliquée à tous et à toutes sans discernement, noie l'Être humain dans la masse et dans mimétisme social qui nie les individualités prisonnières de relations d’emprise au regard des injonctions sociales, patriarcales et moralisatrices, qui censurent et autocensurent les Êtres humains et en particulier les filles, les femmes, les LGBT, les autres « EUX » ceux qui sont différents.
- La voie de l'intériorité, est la rencontre entre l'Esprit, le Coeur, et un "Germe d'éveil" présent à l'intérieur de chaque Être humain (hommes, femmes, enfants). La recherche du "Germe d'éveil" dans un développement personnel indispensable, permet d'accéder à l'esprit critique, penser par soi-même et donc à l’autonomie, émancipé des vérités absolues, des verticalités patriarcales, et de la morale qui en est issue et qu’il convient de réleguer au rang de folklore pour que cette même morale religieuse, dogmatique, traditionnelle, économique, consumériste ne soit plus la Loi et les archétypes formatés dans nos disques durs cérébraux. Si nous souhaitons dans nos vies véritablement changer de paradigme, changer nos mentalités et notre regard sur le monde, il convient donc impérativement avec courage et effort, dans ce cheminement intérieur vers un développement personnel à la recherche de son "Germe d'éveil", de reléguer absoluement toutes les extériorités qui ont formaté notre disque dur cérébral (les vérités absolues, Dieu/Allah qui n'existent pas, les religions, les doctrines, les dogmes politiques, économiques, consuméristes au rang de "Folklore" pour que leurs morales ne soient plus la loi dans nos mentalités et nos archétypes, c'est-à-dire, reléguer toutes ces inventions de l'Humanité au Musée.
C'est en entrant dans la voie de l'intériorité, que l'Être humain enlève progressivement les aspérités de sa pierre brute intérieure que la vie, qui n'est pas un long fleuve tranquille et l’éducation par le biais de la voie de l’extériorité, ont accumulé. L'Être entré dans la voie de l'intériorité inverse donc progressivement les polarités de son énergie intérieure qui le propulse dans une puissance d’agir (Penser et Agir pour lui-même, les autres et le monde réel), en travaillant sur les dualités conscientes et inconscientes de l'Être humain qui résident à l'intérieur de lui-même :
- La polarité de l'Égo s’inverse progressivement vers l'Empathie ;
- L'Avoir vers l'Être ;
- L'Ignorance vers la Connaissance de soi et du monde (vérités plurielles à expérimenter) ;
- La Tristesse vers la Joie ;
- Le Pessimisme vers l'Optimisme ;
- La Morale (religieuse, politique, dogmatique, patriarcale, économiques, consuméristes) vers l’Éthique (la Responsabilité) ;
- Les Traumatismes et les Trahisons vers la Résilience ;
- La Peur, le Ressentiment, la Haine vers l’Esthétique (La Présence, la Bienveillance, l’Attention et l'Amour);
- La virilité, le machisme, le racisme, la prédation, la domination vers le partage, le consentement indispensable, la simplicité dans la relation à l'autre, l'égalité indispensable (homme/femme en particulier), le respect de la différence, et enfin, l’acceptation du monde réel tel qu’il est dans sa diversité et dans sa biodiversité.
La voie de l’intériorité, se découvre en particulier par la pratique de la Philosophie, c'est-à-dire penser, agir et expérimenter les vérités plurielles, dans la connaissance et la recherche insatiable du juste, du bien, du beau et du vrai, qui font résonner à l'intérieur de soi l'Âme du monde, la sacralité de la vie, la beauté des Êtres humains et de la Nature. C'est alors que l'Être humain comprend, que "la Foi" des croyants est précisément le "Germe d'éveil" que chaque Être humain détient à l'intérieur de lui-même. L'Être humain comprend également très vite, les erreurs, les illusions et les impostures des extériorités : 
- L'Être humain se croit protégé par les extériorités et leurs morales religieuses et idéologiques. L'Être humain se ferme alors à la vie et au monde réel :  d’une part, par l’autocensure de lui-même et la censure des autres « EUX » ceux qui sont différents. D’autre part, en s’adonnant à des plaisirs et des divertissements éphémères et illusoires qui lui font oublier le monde réel et la dureté de la vie, dont l'Être humain participe lui-même à l'endurcissement de son cadre de vie, par l'application de la morale et de la norme sociale absurde et arbitraire qui a formaté son disque dur cérébral depuis la tendre enfance, l'adolescence et l'âge adulte ;
- L'Être humain croit qu'il est déterminé par les circonstances de sa vie passée sans jamais pouvoir en sortir. Il n'a encore, aucune conscience, du fait, que tout déterminisme et toute cause du savoir-être qu'il développe (en particulier la souffrance issue de l'absence de bienveillance et d'amour qu'il n'a pas eu dans l'enfance), peut être surmonté et qu'il n'est donc pas condamner lui-même à reproduire à l'infini toute la souffrance qu'il a reçu, précisément, par l'absence de bienveillance et d'amour qui ont suscité chez lui, depuis l'enfance, la souffrance qu'il reproduit à l'infini dans son savoir-être d'adolescent et d'adulte ;
- L'Être humain croit que seul ses efforts et son courage dans l'application, sans réflechir, de la morale et de la norme sociale impersonnelle, stéréotypée et socialement mimétique, vers la perfection de son Être, lui permettra d'avancer et de réussir dans la vie ;
- L'Être humain croit absolument qu'il convient d'être toujours à la hauteur dans l'application de la morale et de la norme sociale reçues de l'Education et du formatage de son disque dur cérébral, pour être aimé et pour être estimé, de son entourage, de ses proches et de ses amis ;
- L'Être humain croit qu'il convient de comprendre et de découvrir uniquement la morale et la norme sociale de son groupe d'appartenance, en la récitant par coeur (coran, hadith, bible, torah, etc.) pour pouvoir avancé et réussir dans la vie. Et de ne surtout pas comprendre et découvrir ce qui se trouve ailleurs, dans le monde extérieur, dans le monde réel, dans d'autres morales et d'autres normes, car là-bas, c'est profane, c'est dangereux et lÊtre humai ne sera donc pas protégé. 

 



Ce qu’il convient donc de comprendre, c’est que le rêve et l'illusion appris dans la voie de l'extériorité n'échappent jamais au monde réel, c'est pour cela, qu'il ne faut jamais dire à qui je dois ressembler (l'invisible, Dieu, Allah, un gourou politique ou religieux), il faut toujours dire, qui je suis vraiment en tant qu'Être humain. Celui ou celle qui regarde à l'extérieur de soi rêve d'illusion dans une confortable servitude et soumission à l'invisible, à l'Absolu, à Dieu, à Allah, à la vérité absolue et à la morale qui en est issue, celui ou celle qui regarde à l'intérieur de soi, s'éveille progressivement par l'esprit critique, penser par soi-même, l'autonomie, l'éthique, précisément dans la voie de l'intériorité à la recherche de son "Germe d'éveil".
Si le rôle de l’école et de l’Éducation en général est indispensable dans le fait de maîtriser les savoirs fondamentaux : apprendre à lire, à écrire et à compter, il est tout aussi indispensable d’introduire une quatrième composante fondamentale, celle d’apprendre à nos enfants, ce qu’est la voie de l’intériorité permettant d’installer les Êtres humains, futurs citoyens, dans une liberté intérieure dès le plus jeune âge, empreint d’autonomie, d’esprit critique et penser par soi-même prompte à s’insérer dans le monde en choisissant sa vie, plutôt que de la subir dans une posture de « Mangeur de vent » (Boris CYRULNIK), et dans une confortable servitude et soumission aux formatages des voies de l’extériorité religieuses, dogmatiques, patriarcales, économiques, consuméristes, socialement et culturellement mimétiques et stéréotypées, dans des vérités illusoires qui deviennent des vérités absolues, acceptées par tous.


3) Qu’est-ce que l’Insistantialisme d’André COMTE-SPONVILLE ?
- L’Insistantialisme de l’Être humain selon André COMTE-SPONVILLE, c’est :  « Ce besoin de vivre le juste, le beau, le bien et le vrai de l’existence humaine dans le monde réel. Mais l’Insistantialisme est censuré ou autocensuré par l’Être humain lui-même, lorsqu’il est dépositaire des vérités absolues, des illusions et des impostures finalistes, de l’égocentrisme et de l’anthropocentrisme dictées par ces mêmes illusions et impostures qu’il a lui-même inventé ainsi que la morale et la Loi patriarcales qui en découlent. En effet, aucun projet humain n’échappe à la réalité, aucune transcendance n’échappe à l’immanence, aucune illusion n’échappe au monde réel. L’Homme n’est pas un empire empreint d’égo dans un empire, ni un néant dans l’Être et dans le monde. Il est issu et fait partie intégrante du monde réel, de l'Univers et de la Nature. L'Être humain, est donc ce qu’il est, il fait ce qu’il fait, le meilleur comme le pire, car il n’échappe ni aux principes d’identité et de morale qui le divise, ni aux principes de raison et d'éthique qui le rassemble. Pour être porteur de sens dans un projet de société qui remet au centre, l'individuel, le collectif et la Nature, l’Insistantialisme de l’Être humain doit être orienté par un cheminement intérieur librement choisi, pour qu’il soit à la fois porteur d’un humanisme et d’un naturalisme débarrassé des illusions et des impostures inventées par l'Être humain lui-même pour être reléguées au rang de « Folklore » dans les mentalités profondes de chaque Être. L’Insistantialisme est alors la pensée libre de l’Être, mise en action, dans un besoin individuel de vivre et de lutter pour soi-même, mais également, dans la conscience d’un devenir collectif durable. L’Insistantialisme est donc à la fois, la liberté intérieure des stoïciens (le Tonos débarrassé du Logos à reléguer au rang de "Folklore") ; la puissance (Dynamis) de l’acte (Energeia) d’Aristote débarrassé des dieux transcendants et arrogants à reléguer au rang de "Folklore" ; le « Clinamen » de Lucrèce (l’énergie en action de l’Être débarrassé du déterminisme à reléguer pour l'Être humain au rang de "Folklore") ; le conatus de Spinoza qui met l’Être dans la joie et dans l’optimisme ; le vouloir vivre de Schopenhauer débarrassé des plaisirs éphémères, de l’ennui, de l’insatisfaction permanente et du pessimisme ambiant ; la volonté de puissance de Nietzsche dans la recherche de la Beauté individuelle et collective, etc. Tout cela bien ancré dans le monde réel et tout cela débarrassé de leurs oripeaux métaphysiques et déterministes extérieurs à l’Être humain, inventés par lui-même et à reléguer absolument dans les mentalités de chacun(e), au rang de "Folklore" pour ne plus constituer ni la Loi et ni la morale patriarcales, acceptées par tous ».
André COMTE-SPONVILLE nous dit : « Il convient de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain » car en effet, chaque Être humain est bien dépositaire d’un ADN, d’un patrimoine identitaire, d’une tradition et d’un héritage culturel ou religieux. Reléguer tout cela au rang de « Folklore » est cependant une nécessité pour que l’Être s’ancre des 2 pieds dans l’éthique et trouve dans la voie de l’intériorité le courage et l’effort de considérer la morale religieuse ou celle du dogme politique comme ne devant plus être la Loi acceptée par tous dans le monde réel. Comme nous l’avons vu les morales religieuses et dogmatiques verticales issues des vérités absolues ont une conception du Sacré et du Profane qui est mortifère par principe, car elles nous projettent invariablement toutes et tous en tant qu’Être humain dans ce gigantesque bac à sable d’une Humanité encore adolescente qui se tape dessus à coup de pelles et de râteaux, chacun(e), étant dépositaire de sa vérité absolue et de la morale qui en est issue, avec ce souhait « Insistantialistes », arrogant et sûr de lui-même, de vouloir l’imposer aux autres qui n’en veulent pas.
"L’Insistantialisme" d’André COMTE-SPONVILLE, bien ancrés dans le monde réel, est, la puissance propre et singulière de l’Être humain ayant découvert son « Germe d’éveil » dans la voie de l’intériorité, qui le poussent à persévérer dans son Être, avec courage, effort et en faisant de son mieux en homme et en femme libres et de bonne volonté, pour conserver et augmenter sa puissance d'Être humain, penser par soi-même et agir, dans la connaissance de soi et du monde (vérités plurielles à expérimenter), dans l’éthique (la responsabilité) débarrassé de la morale reléguée au rang de « Folklore », l’esthétique (la bienveillance et l’amour), la présence de l’Être au monde, l’acceptation du monde réel tel qu’il est dans sa diversité et sa biodiversité, pour devenir ainsi progressivement, un défenseur-militant des valeurs d’Humanisme et de Démocratie dans le monde réel. Nous reconnaissons ici peu ou prou, les 5 piliers de la Sagesse qui sont également les 5 piliers de l'Humanisme, qui font résonner à l'intérieur de soi dans la voie de l'intériorité, l'âme du monde, la sacralité de la vie, la beauté des Êtres humains et de la Nature. Il s'agit ici très probablement de ce que les croyants appellent "la Foi".


Conclusion
La vérité ne se possède pas, elle se recherche et elle se partage, et c'est en confrontant les pensées philosophiques que l'on parvient, peu ou prou, à en élaborer quelques certitudes :
- « J'ai cru en Dieu des catholiques d'une « Foi » bien vive quoique souvent traversé de doutes, jusque vers 16 ans. Puis mon esprit critique m’a fait perdre la foi, et ce fut comme une libération, tout devenait plus simple, plus léger, plus ouvert et plus fort ! C'était comme si je sortais de l'enfance comme si j'entrais enfin dans le monde réel, celui des adultes, de la confiance, avec cette capacité de Penser par moi-même avec la puissance d’agir dans le Bien, l’Éthique (la responsabilité), l’Esthétique (la bienveillance et l’amour), dans l’expression de mon génie humain, de mon potentiel, de mes capacités extraordinaires, dans le respect de la diversité de la Nature et de la Beauté du monde. S'ancrer dans la voie de l'intériorité à la recherche de son "Germe d'éveil", c'est préférer la vérité au mensonge et à l’illusion, même si la vérité du monde réel est triste et que le mensonge et l’illusion sont comblantes et rassurantes. C'est préférer la réalité plutôt que l'imaginaire. C'est préférer la raison plutôt que la superstition de l'invisible. C'est préférer la pensée rationnelle plutôt que la croyance imaginaire. C'est préférer la lucidité plutôt que la crédulité. C'est préférer la perspicacité plutôt que la naïveté. C'est découvrir que « la Foi » des croyants est en réalité le « Germe d’éveil » qui fait résonner à l'intérieur de soi, l'âme du monde, la sacralité de la vie, la beauté des Êtres humains et de la Nature ». (André COMTE-SPONVILLE)
- Laissons de nouveau la parole à Etty HILLESUM (Une vie bouleversée : Journal 1941-1943, Éditions du Seuil, 1985) : « La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie, (…), il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toutes normes (…) il faut oser faire le grand bond dans le cosmos : alors la vie devient infiniment riche, elle déborde de dons, même au fond de la détresse. Cet amour que l’on ne peut plus déverser sur une personne unique, sur l’autre sexe, ne pourrait-on pas le convertir en une force bénéfique à la communauté humaine et qui mériterait peut-être aussi le nom d’amour ? Et lorsqu’on s’y efforce, ne se trouve-t-on pas précisément en pleine réalité ? ».
- « L'amour ne connaît pas de tombe, il est une flamme éternelle. L'amour est un feu sacré qui éclaire même les nuits les plus sombres, car il est cette flamme qui lorsqu'elle s'enflamme brûle tout de notre obscurité. L'amour dont l'objet n'est que beauté physique, n'est pas l'amour vrai. Vous pensez être la peine et la souffrance, en réalité vous êtes le médicament qui les guérit. Vous pensez être la serrure de votre coeur et de votre esprit, mais en réalité vous êtes la clé qui les ouvrent ». (Mohammad Jalâl-al-dîn Rûmî, poète persan et soufi de l'amour, 1207-1273)
- Jean MESLIER prêtre et philosophe, il occupa sans bruit de 1689 à sa mort, en 1729, la petite paroisse d’Etrépigny et de Balaives dans les Ardennes d’aujourd’hui. Il a exercé son office très consciencieusement prodiguant, les sacrements, les baptêmes, les mariages, les funérailles, les confessions, sans que rien ni personne ne sut jamais de son vivant qu’elle fut en secret ses recherches de la vérité. Ce n’est qu’à sa mort qu’il légua à ses paroissiens un Mémoire intitulé : « Pensées et Sentiments […] sur une partie des erreurs et des abus de la conduite et du gouvernement des Hommes où l’on voit des démonstrations claires et évidentes de la vanité et de la fausseté de toutes les Divinités et de toutes les Religions du monde… » (Mémoire conservé à la BNF à Paris). Jean MESLIER a donc eu ce courage, faisant preuve d’effort, après avoir lu tous les philosophes de son temps, celui de remettre en cause, ce en quoi il a cru à un moment donné de sa vie en tant qu’ecclésiastique. Ses conclusions sont très probablement proches de la réalité : « Pesez bien les raisons qu’il y a de croire ou de ne pas croire, ce que votre religion vous enseigne, et vous oblige si absolument de croire. Je m’assure que si vous suivez bien les lumières naturelles de votre esprit, vous verrez au moins aussi bien, et aussi certainement que moi, que tous les dieux et toutes les religions du monde ne sont que des inventions humaines, et que tout ce que votre religion vous enseigne, et vous oblige si absolument de croire, comme surnaturel et divin, n’est dans le fond qu’erreur, mensonge, illusion et imposture […] Vous vous amusez, Messieurs (ce vieux patriarcat poussiéreux), à interpréter et à expliquer figurativement, allégoriquement et mystiquement des vaines écritures que vous appelez néanmoins saintes, et divines ; vous leur donnez tel sens que vous voulez ; vous leur faites dire tout ce que vous voulez par le moyen de ces beaux prétendus sens spirituels et allégoriques que vous leur forgez, et que vous affectez de leur donner, afin d’y trouver, et d’y faire trouver des prétendues vérités qui n’y sont point, et qui n’y furent jamais. Vous vous échauffez à discuter de vaines questions de grâce suffisante et efficace. Et en plus, vous vilipendez le pauvre peuple, vous le menacez de l’enfer éternel pour des peccadilles, et vous ne dites rien contre les voleries publiques, ni contre les injustices criantes de ceux qui gouvernent les peuples, qui les pillent, qui les foulent, qui les ruinent, qui les oppriment et qui sont la cause de tous les maux, et de toutes les misères qui les accablent ». Quelle réflexion aboutie et quel courage de l’avoir laissé en partage à l’Humanité toute entière.
- Baruch SPINOZA a fait l’objet le 27 juillet 1656 d’une excommunication par le biais d'un Herem signé par le rabbin Isaac ABOAB DA FONSECA qui dirige la Yechiva Séfarade d'Amsterdam et membre du tribunal rabbinique de la communauté. Ce Herem, particulièrement violent, proclame un bannissement pour hérésie, et chose rare, l’excommunication qu’il prononce est définitif et irrévocable. Qu’a donc fait Baruch SPINOZA pour contrarier à ce point, le vieux patriarcat poussiéreux, Séfarade d’Amsterdam qui l’a donc condamné à un tel sort, alors qu’il n’a que 23 ans et qu’il n’a encore rien publié. Et bien de la même manière, Baruch SPINOZA, empreint d’esprit critique, penser par soi-même et de réflexion personnelle, a su remettre en cause l’ordre établi depuis des siècles. Baruch SPINOZA, à la recherche et à la découverte des vérités plurielles, apprend le latin, découvre l'Antiquité romaine, notamment les pièces de théâtre de Terence (célèbre poète comique de la Rome antique, sans doute d'origine Berbère), il découvre les grands philosophes et penseurs des 16ème et 17ème siècles conventionnels, orthodoxes ou hétérodoxes (René DESCARTES, Hugo DE GROOT dit « Grotius », Nicolas MACHIAVEL, Thomas HOBBES, Sir Francis BACON, Pierre SERRURIER dit « Petrus SERRARIUS » et les Collégiants, etc.). Les raisons de son excommunication ont été découverte a posteriori : « Dieu n’est pas cet Absolu car il ne peut être que philosophiquement compris. Ainsi les lois juives et catholiques ne sont pas d'origine divine, elles n’ont donc pas pu être révélée par cet Absolu. Il est absolument nécessaire de rechercher une meilleure vérité ». Il convient absolument de lire en particulier L’Éthique écrit en 1677, pour comprendre l’aboutissement de la pensée de SPINOZA, qui nous dit en particulier : « Dieu, c’est la Nature » ; « La Nature est naturante (elle engendre), la Nature est naturée (elle est engendrée dans un processus cyclique et non linéaire ce qui veut dire que jamais rien dans la matière ne se perd tout se transforme perpétuellement, d’un « Big Bang » à un autre) » ; « Le désir de l'Être, c'est l'appétit avec la conscience de lui-même » ; « Lorsqu’une chose a de la conformité avec notre nature, elle nous est nécessairement bonne » : « Le désir est alors puissance d’agir de l’Être (dans l’Éthique et dans l’Esthétique) et la connaissance de la réalité profonde de notre Être » ; « L’Être se doit de persévérer dans son Être (dans l’Éthique et dans l’Esthétique) » ; « Si vous voulez que la vie vous sourit, apportez-lui d'abord votre bonne humeur dans l’acceptation de ce qui est (la Beauté du monde dans la diversité et la biodiversité) » ; « Notre âme, en tant qu'elle perçoit les choses d'une façon vraie, est une partie de l'intelligence infinie de la Nature » ; « Nul ne peut avoir la Nature en haine » ; « Le bien suprême de l'âme est la connaissance de soi et de la Nature » ; « La satisfaction intérieure est en vérité ce que nous pouvons espérer de plus grand ».
La conclusion de L’Éthique est merveilleuse et magistrale : « J'ai épuisé tout ce que je m'étais proposé d'expliquer touchant la puissance de l'âme sur ses passions et la liberté intérieure de l'Homme. Les principes que j'ai établis font voir clairement l'excellence du sage et sa supériorité sur l'ignorant que l'aveugle passion conduit. Celui-ci, outre qu'il est agité en mille sens divers par les causes extérieures, et ne possède jamais la véritable paix de l'âme, vit dans l'oubli de soi-même, de la Nature et de toutes choses ; et pour lui, cesser de pâtir, c'est cesser d'être. Au contraire, l'âme du sage peut à peine être troublée. Possédant par une sorte de nécessité éternelle la conscience de soi-même, de la Nature et des choses, jamais il ne cesse d'être ; et la véritable paix de l'âme, il la possède pour toujours. La voie que j'ai montrée pour atteindre jusque-là, la vérité, paraîtra pénible sans doute, mais il suffit qu'il ne soit pas impossible de la trouver. Et certes, j'avoue qu'un but si rarement atteint doit être bien difficile à poursuivre ; car autrement, comment se pourrait-il faire, si le salut était si près de nous, s'il pouvait être atteint sans un grand labeur, qu'il fût ainsi négligé de tout le monde ? Mais tout ce qui est beau est aussi difficile que rare ».
- C’est probablement ce qu’Albert Camus a souhaité nous dire dans toute son œuvre, c’est-à-dire, pour honorer la vie que nous avons reçu de la Nature elle-même (Immanence de l’Être) et non pas de l’Ami imaginaire Grand architecte de l’Univers (Dieu/Allah, futile et illusoire Transcendance). Nous avons donc ce devoir en tant qu’Être humain de célébrer les noces de la Nature et du monde avec nous-même. En effet, c'est : « En traversant les mers, les campagnes, les montagnes, les vallées, les villages, le bruit, le tumulte, le silence, les parfums de la Nature et de l’Humanité, je m’emplissais d’une vie empreinte de puissance et d’optimisme car je mordais dans le fruit doré du monde, profondément bouleversé de sentir son jus sucré et parfois fort couler le long de mes lèvres. À ce moment précis où cette saveur m’emplit entre douceur et aigreur, ce n’est pas moi qui compte, ni mon égo, ni ce que je possède. Ce qui compte à ce moment précis, c’est l’Être que je suis dans ma toute-puissance d’agir, vers la recherche constante d’un équilibre dans la marche du monde et de la Nature, dans un accord qui fait naître l’Amour et la Beauté du Tout ».
- La philosophe Marcel CONCHE nous dit : « L'Homme est une production de la Nature et la Nature s’est dépassée elle-même dans la création de l'Homme ». Et oui, quelle autre espèce dans l’Univers à eu ce développement aussi rapide à l’échelle du Big Bang (13,8 milliards d’années). En 400 000 ans à peine l’Humanité est passée de l’âge de pierre à l’ère industrielle, de l’informatique à l’Internet, de la Terre à l’Espace, à la Lune et bientôt Mars. L’Être humain ne croit donc pas assez en son génie, son potentiel et ses capacités, donnant trop d’importance aux extériorités (Dieu/Allah, les religions, les dogmes) comblantes et rassurantes. Le ressentiment, la peur, la haine, les fragilités, les vulnérabilités se guerrissent par le biais de la voie de l'intériorité. 
- Vous comprenez désormais pourquoi, « Dans une même population, un même pays, une même culture, certains Êtres se laissent séduire par les vagues de l'extase du populisme, de l'extrémisme, du fanatisme religieux, de la tradition, du patriotisme, du nationalisme, du souverainisme, du masculinisme, etc., dans des vérités absolues et des verticalités patriarcales, dans la confortable servitude et soumission aux extériorités, alors que d'autres Êtres ne se laissent ni séduire, ni embarquer et parviennent envers et contre tout, à conserver une sérénité, une liberté, un discernement, une indépendance de jugement, dans un esprit critique, penser par soi-même que rien ni personne ne pourra jamais leur enlever. À quoi tient cet aiguillage, cette orientation des Êtres sur des chemins différents ? Savez-vous qui sont les Mangeurs de vents ? Qu’avons-nous raté dans l’Éducation de nos enfants ? » (Boris CYRULNIK). Et bien ce que nous avons raté, à l’instar de ce que nous dit également Hannah ARENDT, c’est l’Éducation de nos enfants sur la voie de l’Extériorité, qui représente "ce monde vieux, suranné et proche de la ruine". Hannah ARENDT, nous dit : « Il adviendra un moment où l'on décidera si nous aimons suffisamment le monde réel pour en assumer la pleine responsabilité, non plus dans la domination, la prédation de l'Être, de la Nature et le déséquilibre du « Tout » que les verticalités patriarcales génèrent en ne produisant que de l’absurde et de l’arbitraire. Mais plutôt dans l'Éthique, l'Esthétique, la responsabilité, la recherche d'un équilibre pour le « Tout » qui font penser durablement l'Être et la Nature remis au centre de toutes choses [...] Comment mobiliser dans les esprits une "Nouveauté" et l'introduire comme un "Ferment" dans un monde de verticalités patriarcales déjà vieux, suranné et proche de la ruine. Aussi révolutionnaire que puissent être ses actes, l’Éducation sur les principes de "l’Immanence", de "l’Universel", de l'Humanisme, de la Démocratie et de la Laïcité, restent et demeurent cette "Nouveauté" que seul l’Esprit critique pourra envisager ».
Enfin, « Les plus grands criminels ne sont pas seulement ceux qui dominent, oppriment, contrôlent, stigmatisent, tuent, violent, massacrent et laissent dans le désarroi le plus total des individus, des familles et à plus grande échelle des sociétés humaines entières. Les plus grands criminels sont également ceux qui les laissent faire (en étant précisément positionné dans la posture de "Mangeurs de vents", "d’Endormis" ou "d’hommes et de femmes du sous-sol") » (Hannah ARENDT). Il s’agit bien ici d’une volonté non avouée, celle de préserver des intérêts aux détriments des autres populations et de leurs propres citoyens, de préserver les verticalités patriarcales dominantes, de préserver les 3 ordres sociaux établis, le religieux, le politique, l’économique/le financier, qui maintiennent les Êtres dans la confortable servitude et la soumission. Les grands de ce monde n’ont donc aucun intérêt particulier à voir se développer l’Esprit critique, Penser par soi-même, le développement personnel des individus pour le plus grand nombre des Êtres humains. Ainsi va la marche du monde réel, dans laquelle toutes les libertés doivent s’arracher car ces mêmes libertés ne se donnent jamais facilement par un certain patriarcat conservateur, poussiéreux, gardien du temple vieux, suranné, proche de la ruine, qui plonge invariablement notre monde dans des projets de sociétés mortifères. L’esprit critique, penser par soi-même, entrer dans la voie de l’intériorité, sont des libertés fondamentales, qui, comme toutes les autres libertés doivent donc s’arracher des mains des verticalités patriarcales, des religions et des dogmes politiques, économiques et financiers. Nous devons donc probablement tous être dans notre for-intérieur des représentations incarnées de philosophes magnifiques et géniaux qui ont tout compris de ce qu'est un être humain, comment il fonctionne et comment il se construit, nous devons être probalement à la fois des : Mohammad Jalâl-al-dîn Rûmî (1207-1273), Jean MESLIER (1664-1729), Baruch SPINOZA (1632-1677), Hannah ARENDT (1906-1975), Etty HILLESUM (1914-1943), Albert CAMUS (1913-1960), Marcel CONCHE (1922-2022), etc. avec détermination et ce courage et l'effort pour trouver à l'intérieur de nous-même la force de reléguer absolument au rang de "Folklore" la vérité absolue supérieure à soi et la morale qui en découle pour s'ancrer des 2 pieds dans l'éthique et le monde réel.
Bien à vous, je vous souhaite une très belle journée.

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