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"La Bienveillance et l’Amour sont cette flamme qui lorsqu’elle s’enflamme brûle tout de notre obscurité".

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Les carnets du sous-sol, une œuvre majeure de Fiodor DOSTOÏEVSKI pour comprendre, ce qu’est un Être humain, comment il fonctionne et comment il se construit entre « hommes et femmes du sous-sol » tristes et pessimistes et « hommes et femmes normaux », joyeux et optimistes.

Les carnets du sous-sol, une œuvre majeure de Fiodor DOSTOÏEVSKI pour comprendre, ce qu’est un Être humain, comment il fonctionne et comment il se construit entre « hommes et femmes du sous-sol » tristes et pessimistes et « hommes et femmes normaux », joyeux et optimistes.

Introduction
Ce petit article, pour partager avec vous cette œuvre magnifique de Fiodor Dostoïevski (1821-1881), il s’agit d’une lecture très inspirante en ces temps troublés et incertains, dans une situation nationale et internationale qui questionnent notre humanité.
Dostoïevski reste et demeure une lecture très inspirante car il sait relier les causes, c’est-à-dire, l’intime profond de l’Être humain avec ses conséquences dans le monde réel. En effet, Dostoïevski, dans son œuvre, sait déterrer, la part d’ombre que nous détenons en nous-même, en tant qu’Être humain, ce « Loup Mauvais » qui réside au plus profond de notre intimité, qui nous rend fragile et vulnérable, pour en faire dans son récit, une représentation et une expérimentation concrète au travers, de ce qu’est précisément, un Être humain, comme il fonctionne et comment il se construit.
Cette qualité extraordinaire du récit de Dostoïevski, est présente en particulier dans son roman intitulé « Les carnets du sous-sol, 1864, traduit en français, Ed. Gustave Charpentier, 1909) », dans lequel, il nous tend un miroir discret mais implacable sur nous-même. « Les carnets du sous-sol », nous font descendre dans cette grotte, cette cave intérieure où s’accumulent toutes nos petites humiliations, les rancœurs, et la peur d’être vu tel que l’on est.
Si je partage aujourd’hui, cette œuvre majeure de Dostoïevski, c’est parce qu’elle éclaire le présent dans nos tentations toujours plus grande et exacerbées, celles de rester attaché à son identité même si elle est toxique pour les autres, cela veut dire que l’on souhaite absolument rester attaché à ses blessures, ses traumatismes, ses trahisons que la vie qui n’est pas un long fleuve tranquille a accumulé, parce qu’elles sont familières et que l’on ne souhaite pas dans son for-intérieur risquer la guérison et s’employer avec courage et effort, à vivre en homme et en femme normal, joyeux, optimiste et intérieurement libre. La marche du monde actuelle et son théâtre d’expression qui sont « les réseaux sociaux », constituent malheureusement, un amplificateur de ce champ de foire dans lequel règne la confusion la plus totale. Nous ne disposons plus d’aucune boussole pour nous orienter, dans ce champ de foire, lieu d’expression des gourous politiques, religieux, économiques, consuméristes en quête de pouvoir et de notoriété. Nous ne savons plus faire la différence entre « les hommes et les femmes du sous-sol » empreint d’un savoir-être aujourd’hui mis en avant et vénéré, et « les hommes et les femmes normaux », empreint de joie et d’optimisme, dont le savoir-être a tendance aujourd’hui à être remis en cause et rejeté.
De ce point de vue, « Les carnets du sous-sol » de Dostoïevski, constitue encore aujourd’hui, une compréhension philosophique fondamentale, sur ce qu’est un Être humain, comment il fonctionne et comment il se construit, par la représentation et l’expérimentation de l'Être (homme et femme du sous-sol) dont la conscience de vivre aujourd’hui, ne constitue pas la recherche d’un épanouissement personnel dans la beauté du monde, ici rejetée, mais dans une obstination et un « Insistantialisme » de l’Être (André COMTE-SPONVILLE) formaté dans le côté obscur, qui se complet comme art de vivre, dans le ressentiment, la peur et la haine comme identité qui lui permet d’exister et d’être reconnu.
Dans « Les carnets du sous-sol », le narrateur (l’homme du sous-sol), veut être reconnu, mais il se défend de tout attaque personnel, par l’ironie, la contradiction, le retrait, la fuite. Il souffre lui-même, et fait souffrir les autres, comme si la douleur était devenue une manière d’exister.
Dans son roman, Dostoïevski ne moralise pas. Il observe et démontre ce qu’est le savoir-être toxique de l’homme du sous-sol. Et il offre à notre réflexion personnelle d’Être humain, des leçons simples qui sont les suivantes : la vengeance n’apaise pas, elle enferme ; ce qui libère, est la recherche de la vérité, du juste, du beau, du bien, du vrai. La force de l’Être humain dans une puissance d’agir, commence peut-être par là, dans l’acceptation de sa fragilité, dans ce pas de côté, vers soi et vers l’autre qui coûte certainement à notre égo, mais qui ouvre vers le partage, l’échange et la liberté intérieure de chacun(e).
En 2026, dans un monde devenu incertain car la culture du rapport de force et de la polarisation dans des discours du « NOUS » contre « EUX », la culture de la méfiance vis-à-vis des choses et des gens, la lutte contre le temps qui n’est devenu qu’argent sonnant et trébuchant, la culture de la victimisation et du malheur, de la tristesse, du pessimisme, dans laquelle, il est devenu commun de mettre à l’épreuve dans une forme de harcèlement, la colère de l’autre, celle de l’homme et la femme normal, joyeux et optimiste sur la vie, sans doute pour les faire entrer eux aussi, dans le rang mortifère du mimétisme social et des stéréotypes, ceux de l’univers de la rancœur, de la tristesse, du pessimisme, du ressentiment, de la peur et de la haine, aujourd’hui, acceptés par tous. Dostoïevski nous offre donc dans son roman, une boussole précieuse qui permet de faire pivoter sa pensée pour ne plus faire, de sa rancœur, de sa tristesse, de son pessimisme, une identité à revendiquer pour exister et être reconnu, et donc de ne plus laisser le ressentiment, la peur, la haine, gouverner sa vie.
Dostoïevski, nous invite dans « Les carnets du sous-sol », à emprunter la voie de l’intériorité à la recherche de son « Germe d’éveil » qui ouvrira la voie vers la liberté intérieure de l’Être humain, celle qui conduit à la joie et à l’optimisme. J’ai donc écrit cet article pour vous faire découvrir ou redécouvrir cette magnifique œuvre de Fiodor Dostoïevski, « Les carnets du sous-sol », tellement actuelle, dans l’analyse de ce qu’est un Être humain, comme il fonctionne et comment il se construit.


1) La tristesse, le pessimisme, la douleur, la victimisation et la culture du malheur comme identité de l’homme et de la femme du sous-sol
D’un premier abord, il s’agit d’une œuvre dérangeante, qui ne caresse pas, qui ne rassure pas, qui ne donne pas confiance, car elle donne à lire le coté le plus noir et plus obscur de l’Être humain. Mais plus la lecture avance, plus la prise de conscience s’opère pour révéler un texte profond, vrai, qui questionne notre intimité, qui est dans ce roman, totalement mise à nue. Ce texte demeure très actuel, car il met à nu l’âme contemporaine de notre humanité d’aujourd’hui. Il constitue une prise de conscience de nous-même, de ce que nous sommes dans notre « Part d’ombre », dans l’expression du « Loup Mauvais » qui réside à l’intérieur de nous-même. Ce texte, peut représenter en 2026, en quelques sortes un miroir de ce que nous sommes en tant qu’Être humain. Nous comprenons alors très vite à sa lecture que ce texte possède une portée universelle, ayant été écrits en 1864. « Les carnets du sous-sol », nous parle de cet endroit sombre, comme une cave ou une grotte obscure et humide, un abîme, dans lesquels nous descendons lorsque nous avons subi les traumatismes et les trahisons de la vie qui n’est pas un long fleuve tranquille. Les traumatismes et les trahisons, vécus, expérimentés dans les salons de la vie sociale et dans notre parcours de vie. Mais ce sous-sol n’est pas, précisément, un lieu géographique, c’est un lieu intérieur, c’est notre chambre intime ou se déposent, les humiliations, les rancœurs, les pensées que nous ruminons trop longtemps, les phrases assassinent à notre endroit et les réponses que nous n’avons pas su prononcer au bon moment et qui reviennent ensuite la nuit nous hanter avec une précision cruelle. L’œuvre de Dostoïevski « Les carnets du sous-sol », s'ouvre sur un monologue d’un homme de quarante ans (le narrateur, l’homme du sous-sol), ancien fonctionnaire qui a démissionné de ses fonctions, pour vivre uniquement d’un petit héritage familial. Le narrateur (l’homme du sous-sol) est très haineux, il se qualifie lui-même de très méchant. Il revendique avoir été volontairement désagréable avec ses collègues fonctionnaires alors qu’il était encore en activité. Il se dit également malade du foie depuis une vingtaine d’années et affirme ne pas se soigner par méchanceté envers lui-même. Il avoue par la suite qu'il se revendique méchant uniquement pour se vanter. En fait, il se complaît dans sa propre déchéance, y trouve une forme de jouissance et place le fait de souffrir comme un signe de plaisir personnel. Le narrateur (l’homme du sous-sol) se présente donc dans l’oeuvre de Dostoïevski, d’une manière choquante et sidérante qui donne le ton et le tournis. L’homme du sous-sol, nous dit en particulier : « J’ai mal au foie ! Tant mieux ! Et tant mieux encore si le mal empire. » ; « Il y a de la volupté dans le mal de dents » ; « Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant » ; « C’est du désespoir que recèle les voluptés les plus ardentes. » ; « L’homme normal, comme j’envie cet homme normal, je ne le nie pas, même s’il est bête car joyeux et optimiste. Mais à vrai dire, qu’en savons-nous ? Il se peut que l’homme normal doive absolument être bête puisque je n’en suis pas un. » ; « Moi, je suis seul, et eux, ils sont tous ! » ; « À chaque fois que j’ai essayé de devenir un homme normal, ce fut toujours, sans succès » ; « Comme je suis seul, je suis donc supérieur à tous les hommes normaux, et je n’essaierai plus d’en devenir un moi-même » ; « La fin des fins, messieurs / dames, est de ne rien faire du tout, car l’inertie et l’énergie systématiquement bloquante est préférable à quoi que ce soit d’autre, ici réside le pouvoir et la domination sur les hommes normaux joyeux et optimistes » ; « De même, nos désirs sont presque toujours erronés à cause d'une conception erronée de nos intérêts ».  
Bienvenue dans l’esprit obscur et noir de l’Être humain, magistralement décrite par Dostoïevski, qui nous donne ici à réfléchir sur ce qu’est l’intelligence, la connaissance, l’esprit critique et la lucidité du point de vue, de la tristesse et du pessimisme. En effet, pour l’homme et la femme du sous-sol, l’intelligence, la connaissance, l’esprit critique et la lucidité, ne sont pas un salut, ils sont une prison, car elle positionne l’Être triste et pessimiste, précisément, l’homme et la femme du sous-sol, dans un inconfort permanent qui rend la vie triste et pessimiste, face à l’homme et à la femme normal qui eux, sont bêtes, dans leur joie et leur optimisme permanent qui agresse les autres, en particulier, l’homme et la femme du sous-sol dont le narrateur lui-même, en premier lieu.
L’intelligence, la connaissance, l’esprit critique, penser par soi-même et la lucidité, lorsqu’ils se retournent contre l’homme et la femme du sous-sol, fabrique la conscience des Être humains hypersensibles, capable de s’abandonner et de produire des relations humaines simples et équilibrées, dans une égalité (homme/femme), capable d’aimer et d’être bienveillant, sans systématiquement soupçonner et être méfiants vis-à-vis des autres ; capable d’agir sans s’accuser et accuser les autres. L’homme et la femme du sous-sol exècrent ce savoir-être de l’homme et de la femme normal, joyeux et optimistes. L’homme et la femme du sous-sol préfèrent donc souffrir que guérir de leurs blessures, de leurs plaies, de leurs traumatismes et de leurs trahisons que la vie a accumulés, dans un rejet total du processus de résilience. Parce que pour l’homme et la femme du sous-sol, guérir et être résilient, serait d’une part, se rapprocher de ce que représentent l’homme et la femme normal, joyeux et optimistes, et d’autre part, ce serait renoncer à sa supériorité illusoire et imaginaire, d’homme et de femme du sous-sol triste et pessimistes, sur l’homme et la femme normal, bête, joyeux et optimistes sur la vie. Ce serait donc tout simplement, renoncer à sa posture dominante d’homme et de femme du sous-sol, intelligents, lucides sur la marche du monde, et donc renoncer à l’orgueil secret qui se nourrit de la blessure et de la victimisation. Nous avons ici un nœud essentiel que Dostoïevski offre à notre réflexion, c’est-à-dire, la douleur et la culture du malheur comme identité de l’homme et de la femme du sous-sol victime de leur intelligence, de leur connaissance, de leur esprit critique et de leur lucidité. L’homme et la femme du sous-sol tiennent à leurs plaies et à leurs douleurs, et à les caresser toutes les deux, comme on valorise en société, un titre de noblesse, un apanage, un attribut, un privilège qui rend l’homme et la femme du sous-sol supérieurs à l’homme et à la femme normal, traditionnellement bête, dans leur joie et leur optimisme stable, permanent et durable.


2) Une plongée pour toucher du doigt le quotidien obscur et noir de l’homme et de la femme de sous-sol
La force de l’œuvre de Dostoïevski réside dans le fait de faire toucher du doigt aux lecteurs, ce qu’est la vie quotidienne, de l’homme et de la femme du sous-sol, positionnée dans la tristesse et le pessimisme par l’expérimentation et le vécu, donnant aux lecteurs des exemples précis, dans des scènes de vie considérées par l’homme et la femme du sous-sol, comme étant précisément humiliantes, insupportables, et responsable de leur tristesse et de leur pessimisme. C’est précisément dans la description précise de ce vécu, que l’oeuvre de Dostoïevski devient terriblement actuelle, contemporaine, intemporelle et universelle sur ce qu’est un être humain, en particulier l’homme et la femme du sous-sol, comment ils fonctionnent, lorsqu’ils se sont construits dans la tristesse, le pessimisme, le malheur, le ressentiment, la peur et la haine. Je donnerai ici deux exemples significatifs décrits dans l’œuvre de Dostoïevski : 
Le premier : Un soir, le narrateur (l’homme du sous-sol), décide de se rendre dans une salle de billard pour se distraire. Étant sur le passage d'un officier au moment où celui-ci souhaite se déplacer autour d’un billard pour jouer, l’officier soulevé le narrateur (l’homme du sous-sol) de ses deux bras fort et le dépose quelques centimètres plus loin pour pouvoir se positionner et donc jouer sur le billard. Le narrateur (l’homme du sous-sol), se sent ici profondément blessé et humilié par cet acte. Pendant deux ans, il ne pensera plus qu'à une seule chose, celle de se venger de l’outrage de cet officier, ruminant jour et nuit une stratégie de vengeance. Il commence donc à se renseigner sur l'officier, à le suivre dans les rues, à se faire des films dans sa tête, dans un ressassement intérieur ininterrompu. Le narrateur (l’homme du sous-sol) s'imagine écrire une lettre à l’officier, dans laquelle il le provoque en duel, ce qui engendre dans son imaginaire, l'admiration de l'officier à son égard, ce qui le pousse à le haïr encore davantage. L’officier n'ayant toujours rien remarqué de ce manège orchestré par le narrateur (l’homme du sous-sol), ne sachant même pas que le narrateur (l’homme du sous-sol) lui-même, existe et complote à son égard. Constatant que l'officier emprunte assez souvent le même chemin depuis son domicile (la perspective Nevsky de Saint-Petersbourg), le narrateur (l’homme du sous-sol) à l’idée de suivre l’officier pour le bousculer en pleine rue et ainsi laver son humiliation. Finalement, après maintes tentatives infructueuses et alors qu'il est sur le point d'abandonner, il arrive finalement à heurter l'épaule de l’officier, mais c’est à peine si l’officier s’en aperçoit. Cependant, pour le narrateur (l’homme du sous-sol), lui-même, c’est alors un immense triomphe intérieur.
Le second : Alors que le narrateur (l’homme du sous-sol) fréquente une maison close, il rencontre Lisa, une jeune prostituée, avec qui, il se met à discuter. Séduit par Lisa, le narrateur (l’homme du sous-sol) s'engage alors dans une tirade très romantique et amoureuse, dans laquelle il décrit à Lisa l’amour idéal, le comparant à l'avenir atroce de prostituée qu'elle possède, condamnée à faire l’amour avec de nombreux hommes différents. Lisa est à la fois touchée et désespérée par le discours enflammé de l’homme du sous-sol, si bien qu’elle souhaite le revoir. Trois jours plus tard, Lisa rend visite au narrateur (l’homme du sous-sol), elle arrive au domicile de l’homme du sous-sol, alors qu'il est en train de réprimander violemment son domestique Apollon. Honteux d'avoir été surpris dans cet état de colère, l’homme du sous-sol, entre dans un état de panique absolu. Il s'énerve alors contre Lisa et la sermonne violemment. Lisa comprend alors tout le mal-être intérieur de l’homme du sous-sol, et avec une très grande empathie maternelle, elle se jette alors sur lui et le prend dans ses bras par amour. Mais le narrateur (l’homme du sous-sol), ne peut pas supporter de passer d’un rôle de dominant, à la suite de la première rencontre avec Lisa, à celui de dominé pris sur le fait de la colère et par la manifestation du geste d’amour de Lisa. Le narrateur (l’homme du sous-sol) se terre une nouvelle fois, égale à ce qu’il représente, dans le ressentiment et la peur, ayant l’impression d’être un homme normal bête et joyeux. Lisa subit alors une nouvelle humiliation, il lui demande de partir sur le champ, et, alors qu’il la toise avec arrogance, il lui met un billet de 5 roubles dans la main.
Cette scène dans laquelle le narrateur (l’homme du sous-sol) rencontre Lisa, est la plus bouleversante de l’œuvre de Dostoïevski, car elle constitue un drame moral qui s’oppose totalement à l’éthique. En effet, dans cette scène, le narrateur (l’homme du sous-sol), entrevoit un instant, la possibilité dans sa relation avec Lisa, celle d’être lui-même selon ses désirs cachés, confronté à l’amour, à la compassion, à l’ouverture, à la vérité sur lui-même et ses désirs profonds. Dans un premier temps, l’homme du sous-sol séduit par Lisa lui parle avec sincérité, offrant à Lisa une porte de sortie sur sa condition de prostituée. En effet, dans sa tirade empathique et amoureuse, il effleure l’humanité, dans laquelle il livre une part de lui-même dans ses intentions d’empathie et d’amour envers Lisa. Il devient alors précisément un homme normal. Cependant, lorsque Lisa revient vers l’homme du sous-sol en pensant sortir de sa condition dans un relation honnête et sincère avec lui, l’homme du sous-sol panique et il pivote à nouveau brutalement sur lui-même, car, d’une part, l’attention et la manifestation de bienveillance et d’amour de Lisa lui fait peur, toujours dans le soupçon et la méfiance, et que d’autre part, il se rend compte qu’il devient précisément un homme normal bête, joyeux et optimiste. Enfin, il se rend compte que la manifestation de la bienveillance et de l’amour envers une autre personne exige de se montrer tel que l’on est dans le juste, le bien, le beau, le vrai de son Être et de son savoir-être et de cela il n’en veut pas, il ne le supporte pas, car il ressemblerait précisément, à un homme normal, bête, joyeux et optimiste. C’est alors que l’homme du sous-sol, humilie à nouveau Lisa en lui parlant très durement afin de préserver sa posture de dominant. Il fait ce qu’il fait, égal à lui-même, dans cet « insistantialisme » décrit par André COMTE-SPONVILLE : Il humilie, il rabaisse, il détruit, il écrase ce qu’il désirait avec Lisa, par défense, par protection, par honte, par cruauté dont il fait preuve avec constance et invariablement, parce qu’il est incapable d’accueillir la grâce, l’empathie et l’amour, qui le propulseraient vers la liberté intérieure, empreinte d’attention, de bienveillance et d’amour. Le narrateur (l’homme du sous-sol), préfère donc, sans courage et sans effort, rester lui-même, dans ce qu’il connait, dans ce qui le rassure, dans un confortable servitude et soumission de sa condition et de son savoir-être, celui précisément de vouloir demeurer un homme du sous-sol.
Ces deux exemples, posent donc la question de la relation sociale au sens le plus concret de l’homme et de la femme du sous-sol. Au regard de ce que peuvent être les exemples types de vie d’un homme ou d’une femme du sous-sol : une soirée au billard, un diner avec d’anciens camarades ou d’anciennes copines dans lequel on joute dans des jeux de rang et de statut, une rencontre avec une prostituée ou un playboy qui nous touche et nous séduit malgré nous, etc.. Dans ces relations sociales, l’homme et la femme du sous-sol veulent être reconnus dans une relation d’égal à égal, mais malheureusement leurs blessures, les traumatismes et les trahisons dont ils n’ont pas su trouver la résilience, les hantent toujours, dans ce besoin de réagir systématiquement en prédation et en domination des autres dans leurs relations sociales, de peur d’être encore et encore humiliés. Car l’homme et la femme du sous-sols savent, qu’ils ne sont pas armés et capables de supporter de nouvelles humiliations dans leurs relations sociales. C’est donc la recherche permanente de cette posture de prédation et de domination dans la relation sociale avec les autres caractérisée par une absence permanente de lâcher-prise sur leur vécu, dont ils sont donc eux-mêmes les principaux responsables des déséquilibres systématiques de la relation sociale créés avec les autres. La problématique est qu’ils ne se rendent pas compte, de ce savoir-être toxique qu’ils produisent malgré eux, dans un « insistantialisme » invariable et constant duquel ils ne veulent pas sortir.
L’homme et la femme du sous-sol, veulent être l’égal des autres dans la relation sociale, mais la recherche de la prédation et de la domination dont ils font systématiquement preuve, démontre en réalité, qu’ils se sentent inférieur au plus profond d’eux-mêmes. Ainsi dans la relation sociale, ils se crispent systématiquement, font des blocages permanent, remettant en cause la parole des autres, ils surjouent, ils mentent, ils se donnent un rôle qu’ils n’ont pas, et donc il se ridiculisent de fait, sans s’en rendre compte aux yeux de leurs interlocuteurs. De ce savoir-être invariable et constant, qu’ils produisent malgré eux, ils en éprouvent de la souffrance car ils subissent de fait, encore et encore, l’humiliation des autres dans la relation sociale. La souffrance et l’humiliation se transforme alors en nouvelle blessure, les nouvelles blessures se transforment en nouvelle colère, et la nouvelle colère se transforme en nouvelle violence verbale ou physique. Ce moment dans lequel, nous nous sentons blessé, dans lequel nous choisissons de devenir dur, c’est-à-dire, de faire le choix de la colère puis de la violence verbale ou physique, démontre que dans la construction de soi pour une Être humain, les traumatismes et les trahisons non réparées, le ressentiment, la peur, la haine, l’ignorance sont des polarités de l’énergie intérieure de l’Être qui dévastent tout dans la relation sociale, d’abord pour celui qui porte ses mêmes énergies intérieures toxiques pour lui-même mais aussi pour les autres, son entourage, ses proches, ses amis, qu’ils épuisent, précisément par son savoir-être toxique. Pour tenter en vain de donner le change dans leur relation sociale, l’homme et la femme du sous-sol promettent la dignité et la beauté mais ils fabriquent sans s’en rendre compte la laideur et la tristesse, ils promettent la justice mais ils fabriquent la vengeance, il promettent l’intelligence mais ils fabriquent l’ignorance, ils promettent la liberté, mais ils fabriquent l’esclavage et la soumission dans des zones d’emprise et d’impunité, ils promettent la protection mais ils fabriquent l’isolement.
Dans la relation sociale vraie, fructueuse et partagée, il convient donc de faire preuve d’humilité, de sincérité. Il ne faut donc jamais dire à qui je ressemble ou dire à qui je dois ressembler (un archétype, un personnage illusoire que mon imaginaire à crée), mais il faut toujours dire, qui je suis vraiment et toujours communiquer avec les autres dans la relation sociale, en toute responsabilité (éthique) et avec sincérité, sur ses peurs, ses fragilités et ses vulnérabilités d’Être humain.


3) Les carnets du sous-sol une oeuvre très actuelle et universelle
« Les carnets du sous-sol » est une œuvre majeure qui expose donc ce qu’est un homme et une femme du sous-sol en exposant la mécanique du ressentiment, de la peur, de la haine. La mécanique de l’homme et de la femme du sous-sol est un domaine du savoir-être de l’Être humain, qui est à la fois profondément intime et personnel, mais il s’agit également dans la relation sociale, d’un enjeu politique, societal, économique, consumériste, stéréotypé, mimétique et un confort servile et soumis, dans la construction du vivre-ensemble dans nos sociétés humaines. Dostoïevski dans « Les carnets du sous-sol », nous offre une œuvre profondément actuelle et universelle sur le savoirs-êtres des hommes et des femmes du sous-sol dans toutes les sociétés humaines, dans toutes les cultures, les pays, les populations et les traditions.
L’homme et la femme du sous-sol sont donc ces écorchés vifs de la vie, ces adultes-adolescents, ces « Mangeurs de vents » (Boris CYRULNIK), empreint de tristesse, de pessimisme, de ressentiment, de peur et de haines maladifs, dont ils n’ont pas su, avec courage et efforts trouver la résilience.
Dans leurs relations sociales, l’homme et la femme du sous-sol, veulent exister dans le regard des autres, mais, malheureusement, ils le font d’une manière très maladroite, d’une part, en étant encore profondément affectés par les blessures, les traumatismes et les trahisons que la vie à laisser dans leur intériorité. D’autre part, la rancœur étant très forte, en particulier vis-à-vis de l’homme et de la femme normal bêtement joyeux et optimistes, que l’homme et la femme du sous-sol, construisent leurs relations sociales avec des préjugés initiaux, ne supportant pas le regard des autres et ce qu’ils sont, ce qu’ils représentent en tant qu’Être humain différents d’eux-mêmes.
L’homme et la femme du sous-sol, veulent être respecter pour ce qu’ils sont, mais cela est compliqués pour eux-mêmes, car ils se sentent systématiquement regardés, méprisés, jugés pour ce qu'ils sont et ce qu’ils représentent en tant qu’Être humain alors que c’est eux-mêmes qui, dans la relation sociale, jugent, regardent et méprisent les autres avec arrogance, car les autres « EUX » sont différents. 
L’homme et la femme du sous-sol, veulent être aimés, mais ils devancent systématiquement l’amour et la bienveillance qu’ils peuvent recevoir des autres car ils sont empreints d’emblée par le jugement, le soupçon et la méfiance.
Ainsi face à ces relations sociales avec les autres qu’ils estiment être, d’une part, toujours complexes et compliquées et d’autre part, devoir toujours jouer invariablement le rôle de la victime. Les hommes et les femmes du sous-sol ne trouvent donc qu’une seule alternative dans la relation sociale, ils toisent, ils méprisent, et ils se vengent a posteriori lorsqu’ils estiment que l’humiliation à leur égard a été trop grande.
Ce qu’il convient donc de comprendre, c’est que l’homme et la femme du sous-sol, vivent invariablement dans une illusion la plus totale, celle de la représentation qu’ils se font du monde réel, considéré comme toujours hostile à leur égard car ils sont empreints, de ressentiment, de peur, de haine, dans des traumatismes et des trahisons qui les hantent en permanence. L’homme et la femme du sous-sol se créent par eux-mêmes cet imaginaire hostile, ne sachant pas, avoir le courage et l’effort nécessaire pour lâcher-prise. Il se créer alors chez l’homme et la femme du sous-sol, systématiquement, un dialogue intérieur permanent, avec des pensées, des phrases, et des scénarios, qui entrent dans la construction d’un tribunal intérieur, dans lequel l’objectif dans la relation sociale est celui de toujours gagner à tout prix toutes les batailles permettant de préserver leur ego, sous peine de subir en retour, sans cesse l’humiliation des autres. Mais, ce que l’homme et la femme du sous-sol n’ont toujours pas compris, c’est que la seule et unique bataille qui compte vraiment, c’est celle de la présence, de la bienveillance, de l’attention, de l’amour, de la sacralité de la vie, de la beauté du monde réel dans sa diversité et sa biodiversité.
Aujourd’hui, en 2026, nos sociétés vivent au rythme des blessures, des traumatismes, des trahisons exhibés, des colères attisées, des comparaisons permanentes avec les autres empreintes de stéréotypes, de mimétismes sociaux, sources d’humiliation réelles et d’enfermement dans une confortable servitude et soumission et dans zones d’emprise et d’impunité construites par des hommes et des femmes du sous-sol plus âgés qui dans ces mêmes espaces d’emprise et d’impunité, laissent libre cours à leurs passions tristes et à leurs pulsions les plus vilaines dans ce désirs impérieux d’assouvir leurs désirs de prédation et de domination dans l’expression d’un mal-être, d’un mal-vivre pour exister et dominer les hommes et les femmes du sous-sol plus jeune qu’eux.
Aujourd’hui, le sous-sol, les caves, les grottes, les abîmes sont devenus ce paysage collectif, ce lieu où s’expriment les relations d’emprise et d’impunité, dans lesquels on rumine, on se venge par petites phrases, où l’on transforme l’autre en ennemi pour se sentir exister, et cela se passe à la fois dans la vie réelle et virtuelle celle des réseaux sociaux. Fiodor Dostoïevski, dans son œuvre « Les carnets du sous-sol » ne moralise pas le lecteur. D’une part, il montre et il démontre que l’homme et la femme du sous-sol parce qu’ils ne savent pas transformer leurs ressentiments, leurs peurs, leurs haines, leurs traumatismes, leurs trahisons, leurs souffrances, autrement que par une savoir-être suspicieux, méfiant, calculateur, arrogant, méchant, humiliant, toxique, inquiétant. D’autre part, il identifie les causes et les origines de la construction de soi qui produisent précisément l’homme et la femme du sous-sol. Il s’agit implicitement, de l’éducation sur la voie de l’extériorité par le biais des vérités absolues, des verticalités patriarcales, des dogmes, des doctrines, des idéologies, qui positionne les Êtres humains dans un groupe d’appartenance identitaire âprement défendu dans un « insistantialisme » (André COMTE-SPONVILLE) qui devient mortifère, car il nous projette tous et toutes, hommes et femmes du sous-sol et hommes et femmes normaux, dans ce gigantesque bac à sable d’une humanité encore adolescente et écorchée vive de la vie, qui se tape dessus à coup de pelle et de râteaux, les hommes et les femmes du sous-sol étant dépositaires chacun(e) de leurs vérités absolues, de leurs rancœurs, de leurs ressentiments, de leurs peurs, de leurs traumatismes et de leurs trahisons qu’ils/elles ont subi dans les zones d’emprises et d’impunités crées par les verticalités patriarcales. Ce savoir-être issue de la construction de soi par le biais de la voie de l’extériorité, produits ignorance, susceptibilité, le besoin d’exister et d’être reconnu dans son identité propre, l’obsession de l’image de soi, le plaisir amer de se croire incompris dans une posture permanente de victime, et la tentation de faire payer aux autres son mal-être et son mal-vivre. 
L’œuvre de Dostoïevski nous apprend avec pertinence, à la fois pour nous-même, mais aussi pour les autres, à repérer la pente avant la chute vertigineuse vers l’abîme du sous-sol, de la cave, de la grotte et de l’abîme, lorsque la vérité absolue dont on est dépositaire devient une identité et une religion à défendre absolument, lorsque l’orgueil et l’honneur doivent être défendus à tout prix, c’est-à-dire, au détriment de la sacralité de la vie. La leçon la plus utile à retenir pour sortir du sous-sol ou pour ne pas y entrer, est la suivante : il convient absolument de reléguer au rang de « folklore », les illusions, les imaginaires, les archétypes, issus des vérités absolues et des verticalités patriarcales, apprise dans une éducation sur la voie de l’extériorité, de guérir absolument les traumatismes et les trahisons de la vie qui n’est pas un long fleuve tranquille, par la résilience indispensable. Il convient également d’accepter, d’une part, le monde réel tel qu’il est dans sa diversité et sa biodiversité et, d’autre part, d’accepter d’être nous-même, tel que l’on est en tant qu’Être humain, avec nos fragilités, nos vulnérabilités, celle d’un Être humain par nature imparfait, celle des circonstances de la vie dans lesquelles l’Être humain est dépendant des autres, et souffrir de confortable servitude et soumission dans des zones d’emprise et d’impunité patriarcales, et enfin la nécessité de se présenter soi-même avec sincérité, honnêteté, responsabilité (éthique).
Dans la relation sociale, il convient donc de préféré la vérité à la posture illusoire, imaginaire, archétypale, ceux du masque de théâtre que l’on se forge en société ; il convient de préférer la bienveillance et l’attention à la posture de suspicion, de méfiance, de calcul, d’arrogance, de méchanceté humiliante, toxique et inquiétante ; il convient de préférer le dialogue à l’humiliation et la vengeance, il convient de préférer la simplicité de la relation à la jouissance égoïste et perverse de vouloir la complexifier pour gagner la bataille des égos, il convient de préférer l’amour, à la haine et à la violence.
Le ressentiment, la peur, la haine donne l’illusion de la force, mais la vraie force de l’Être humain, c’est, de ne pas laisser ses blessures gouverner sa vie. Dostoïevski, nous invite, de fait et implicitement, dans « Les carnets du sous-sol », à emprunter la voie de l’intériorité à la recherche de son « Germe d’éveil » qui ouvrira la voie vers la liberté intérieure de l’Être humain, celle qui conduit à la joie et à l’optimisme de l’homme et de la femme normal.


4) "L'insistantialisme" d'André COMTE-SPONVILLE
L’Insistantialisme de l’Être humain selon André COMTE-SPONVILLE, c’est :  « Ce besoin de vivre le juste, le beau, le bien et le vrai de l’existence humaine dans le monde réel. Mais l’Insistantialisme est censuré ou autocensuré par l’Être humain lui-même, lorsqu’il est dépositaire des vérités absolues, des illusions et des impostures finalistes, de l’égocentrisme et de l’anthropocentrisme dictées par ces mêmes illusions et impostures qu’il a lui-même inventé ainsi que la morale et la Loi patriarcales qui en découlent. En effet, aucun projet humain n’échappe à la réalité, aucune transcendance n’échappe à l’immanence, aucune illusion n’échappe au monde réel. L’Homme n’est pas un empire empreint d’égo dans un empire, ni un néant dans l’Être et dans le monde. Il est issu et fait partie intégrante du monde réel, de l'Univers et de la Nature. L'Être humain, est donc ce qu’il est, il fait ce qu’il fait, le meilleur comme le pire, car il n’échappe ni aux principes d’identité et de morale qui le divise, ni aux principes de raison et d'éthique qui le rassemble. Pour être porteur de sens dans un projet de société qui remet au centre, l'individuel, le collectif et la Nature, l’Insistantialisme de l’Être humain doit être orienté par un cheminement intérieur librement choisi, pour qu’il soit à la fois porteur d’un humanisme et d’un naturalisme débarrassé des illusions et des impostures inventées par l'Être humain lui-même pour être reléguées au rang de « Folklore » dans les mentalités profondes de chaque Être. L’Insistantialisme est alors la pensée libre de l’Être, mise en action, dans un besoin individuel de vivre et de lutter pour soi-même, mais également, dans la conscience d’un devenir collectif durable. L’Insistantialisme est donc à la fois, la liberté intérieure des stoïciens (le Tonos débarrassé du Logos à reléguer au rang de "Folklore") ; la puissance (Dynamis) de l’acte (Energeia) d’Aristote débarrassé des dieux transcendants et arrogants à reléguer au rang de "Folklore" ; le « Clinamen » de Lucrèce (l’énergie en action de l’Être débarrassé du déterminisme à reléguer pour l'Être humain au rang de "Folklore") ; le conatus de Spinoza qui met l’Être dans la joie et dans l’optimisme ; le vouloir vivre de Schopenhauer débarrassé des plaisirs éphémères, de l’ennui, de l’insatisfaction permanente et du pessimisme ambiant ; la volonté de puissance de Nietzsche dans la recherche de la Beauté individuelle et collective, etc. Tout cela bien ancré dans le monde réel et tout cela débarrassé de leurs oripeaux métaphysiques et déterministes extérieurs à l’Être humain, inventés par lui-même et à reléguer absolument dans les mentalités de chacun(e), au rang de "Folklore" pour ne plus constituer ni la Loi et ni la morale patriarcales, acceptées par tous ».
André COMTE-SPONVILLE nous dit : « Il convient de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain » car en effet, chaque Être humain est bien dépositaire d’un ADN, d’un patrimoine identitaire, d’une tradition et d’un héritage culturel ou religieux. Reléguer tout cela au rang de « Folklore » est cependant une nécessité pour que l’Être s’ancre des 2 pieds dans l’éthique et trouve dans la voie de l’intériorité le courage et l’effort de considérer la morale religieuse ou celle du dogme politique comme ne devant plus être la Loi acceptée par tous dans le monde réel. Comme nous l’avons vu les morales religieuses et dogmatiques verticales issues des vérités absolues ont une conception du Sacré et du Profane qui est mortifère par principe, car elles nous projettent invariablement toutes et tous en tant qu’Être humain dans ce gigantesque bac à sable d’une Humanité encore adolescente qui se tape dessus à coup de pelles et de râteaux, chacun(e), étant dépositaire de sa vérité absolue et de la morale qui en est issue, avec ce souhait « insistantialistes », arrogant et sûr de lui-même, de vouloir l’imposer aux autres qui n’en veulent pas.
L’Insistantialisme d’André COMTE-SPONVILLE, bien ancrés dans le monde réel, est, la puissance propre et singulière de l’Être humain ayant découvert son « Germe d’éveil » dans la voie de l’intériorité, qui le poussent à persévérer dans son Être, avec courage, effort et en faisant de son mieux en homme et en femme libres et de bonne volonté, pour conserver et augmenter sa puissance d'Être humain, penser par soi-même et agir, dans la connaissance de soi et du monde (vérités plurielles à expérimenter), dans l’éthique (la responsabilité) débarrassé de la morale reléguée au rang de « Folklore », l’esthétique (la bienveillance et l’amour), la présence de l’Être au monde, l’acceptation du monde réel tel qu’il est dans sa diversité et sa biodiversité, pour devenir ainsi progressivement, un défenseur-militant des valeurs d’Humanisme et de Démocratie dans le monde réel. Nous reconnaissons ici peu ou prou, les 5 piliers de la Sagesse qui sont également les 5 piliers de l'Humanisme, qui font résonner à l'intérieur de soi dans la voie de l'intériorité, l'âme du monde, la sacralité de la vie, la beauté des Êtres humains et de la Nature. Il s'agit ici très probablement de ce que les croyants appellent "la Foi".


Conclusion 
La plupart des gens ont une vision très/trop conventionnelle de la vie, correspondant à ce qu'ils ont appris, dans la voie de l'extériorité (les vérités absolues, religieuses, dogmatiques, économiques, consuméristes, les archétypes du héros et de la princesse, les illusions, les imaginaires, les croyances, les fausses certitudes, bref, les impostures). La voie de l'extériorité formate nos disques durs cérébraux sur une morale ou des morales et des normes extérieures à nous-même, qui nous projettent dans une posture de confortable servitude et soumission, empreint de stéréotypes, de mimétismes sociaux, tout cela pour intégrer un groupe d'appartenance qui devient notre identité, notre communauté. Il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toutes normes stéréotypées et socialement mimétique. Et pour cela, il convient absolument d'oser faire le grand bond dans son intériorité afin d'y trouver le "Germe d'éveil" que chaque Être humain possède à l'intérieur de lui-même (hommes, femmes, enfants). Alors la vie devient infiniment, plus simple, plus intense, plus riche, plus forte, elle déborde de joie, d'optimisme, même au fond de la détresse.
L'Être humain est un esprit en condition charnelle, c'est-à-dire qu'il est avant tout un esprit et un coeur, après être sorti de l’utérus de la mère. Deux voies s'offrent alors à lui, dans la construction de soi et son Éducation :
- La voie de l'Extériorité qui est la rencontre entre l'esprit, le coeur, et une extériorité (un Absolu Dieu/Allah, un invisible, une vérité absolue religieuse, politique, idéologique, dogmatique, économique, consumériste, etc.). L'Extériorité fige l'Être dans une vérité unique, invariablement immobile, confortable et servile, en particulier, lorsque le disque dur cérébral de l'Être a été formaté depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte précisément par ces mêmes vérités absolues et les verticalités patriarcales dominantes dans la société, acceptées par tous depuis des millénaires. L’Être devient alors malheureusement et trop souvent, un « Mangeur de vent » (Boris CYRULNIK), un écorché vif de la vie, un homme et une femme du sous-sol, aigris, fragile, vulnérable et influençable, il se laisse séduire et embarquer par les premiers gourous qui passent dans des récits religieux, politiques, économiques, consuméristes, fabriqués, stéréotypés, mimétiques, et invariablement clivants, qui sont trop souvent ceux du "NOUS" contre "EUX". Par ailleurs, la morale qui en découle cantonne malheureusement et trop souvent les individus dans des rôles bien définis (le rôle de l'homme, le rôle de la femme, etc.) dans une vision sociétale toujours clivante, stigmatisante et stéréotypée qui nie toutes différences à la norme, à la morale et exclus ceux qui s'en écartent, ceux qui sont différents (LGBT, etc.). Enfin, la mise en application de la morale dans le monde réel, engendre un processus de censure ou d'autocensure chez les individus, dans une peur devenue maladive de transgresser l'interdit, par exemple : "Je ne serai jamais capable de faire cela, c'est une activité d'homme et je suis une femme", etc.
La norme, la morale clivante, mimétique et stéréotypée appliquée à toutes et à tous sans discernement, noie l'Être humain dans la masse, précisément, dans un mimétisme social qui nie les individualités prisonnières de relations d’emprise au regard des injonctions sociales, patriarcales et moralisatrices, qui censurent et autocensurent les Êtres humains et en particulier les filles, les femmes, les LGBT, les autres « EUX » ceux qui sont différents, obligés de se cacher du groupe d’appartenance, pour être eux-mêmes, des hommes et des femmes normaux, joyeux et optimistes sur la vie, des hommes et des femmes intérieurement libres.
Vous aurez donc indéniablement compris ici, que le sentiment de mal-être, de mal-vivre, d'inconfort, de tristesse et de pessimisme qu'éprouve l'Être humain, quand bien même, par ailleurs, il aura parfaitement réussi sa vie d'illusion et d'imaginaire (ex : le narrateur, homme du sous-sol), vient donc tout simplement de la voie de l'extériorité sur laquelle son disque dur cérébral a été formaté et appliqué invariablement comme ses parents et comme l'éducation lui ont appris à le faire. Le plus souvent, il faut qu'un événement survienne dans la vie de l'Être, un événement heureux (la naissance d'un enfant, etc.) ou malheureux (la maladie, etc.) pour que cette prise de conscience se fasse progressivement, c'est-à-dire, la nécessite d'être soi-même, en empruntant, la voie de l'intériorité.
- La voie de l'intériorité, est donc la rencontre entre l'esprit, le coeur, et un "Germe d'éveil" présent à l'intérieur de chaque Être humain, hommes, femmes, enfants. La recherche du "Germe d'éveil" dans un développement personnel indispensable, permet d'accéder à l'esprit critique, penser par soi-même et donc à l’autonomie, émancipé des vérités absolues, des verticalités patriarcales, de la morale et de la norme qui en sont issues et qu’il convient donc absolument de reléguer au rang de "folklore" pour que cette même morale/norme, religieuse, dogmatique, doctrinale, économique, consumériste, traditionnelle, coutumière ne soit plus la Loi, ni les archétypes dans notre manière de penser le monde, à la fois pour nous-même et pour le monde réel. Et, oui, ces Lois et leurs archétypes qui ont formaté notre disque dur cérébral depuis la tendre enfance, il convient de les reléguer au rang de « folklore », sans pour autant faire du passé table rase, « sans jeter le bébé avec l’eau du bain » (André COMTE-SPONVILLE), mais pour que la norme/la morale ne deviennent plus la loi dans notre manière de penser. C'est également en entrant dans la voie de l'intériorité, que l'on enlève progressivement les aspérités et les angles saillants de sa pierre brute intérieure que la vie, qui n'est pas un long fleuve tranquille a accumulé. L'Être entré dans la voie de l'intériorité inverse donc progressivement les polarités de son énergie intérieure qui le propulse dans une puissance d’agir (Penser et Agir par lui-même et pour lui-même, vers les autres et vers le monde réel), en travaillant sur les dualités conscientes ou inconscientes de l'Être humain qui résident à l'intérieur de lui-même :
- La polarité de l'Égo s’inverse progressivement vers l'Empathie ;
- L'Avoir vers l'Être ;
- L'Ignorance vers la Connaissance de soi et du monde (vérités plurielles à expérimenter) ;
- La Tristesse vers la Joie ;
- Le Pessimisme vers l'Optimisme ;
- La Morale (religieuse, dogmatique, patriarcale, économique, consumériste, etc.) vers l’Éthique (la Responsabilité) ;
- Les Traumatismes et les Trahisons vers la Résilience ;
- La Peur, le Ressentiment, la Haine vers l’Esthétique (La Présence, la Bienveillance, l’Attention et l'Amour);
- La virilité, le machisme, le racisme, la prédation, la domination vers le partage, le consentement indispensable, la simplicité dans la relation à l'autre, l'égalité indispensable (homme/femme en particulier), le respect de la différence, et enfin, l’acceptation du monde réel tel qu’il est dans sa diversité et dans sa biodiversité.
La voie de l’intériorité, se découvre en particulier par la pratique de la Philosophie, c'est-à-dire penser, agir et expérimenter les vérités plurielles, dans la connaissance et la recherche insatiable du juste, du bien, du beau et du vrai, qui font résonner à l'intérieur de soi l'âme du monde, la sacralité de la vie, la beauté des Êtres humains et de la Nature. C'est alors que l'Être comprend définitivement, que "la Foi" des croyants est précisément le "Germe d'éveil" que chaque Être humain détient à l'intérieur de lui-même et rien d’autres d’extérieur, que ce qui se trouve précisément à l’intérieur de l’Être humain et qu’il reste à découvrir impérativement vers des relations sociales apaisées, équilibrées et épanouissantes.
Bien à vous, je vous souhaite une très belle journée.

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