"La Bienveillance et l’Amour sont cette flamme qui lorsqu’elle s’enflamme brûle tout de notre obscurité".
10 Mai 2026
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Pratiquer la Philosophie aujourd’hui devient-il un acte nécessaire pacifique militant et de résistance ?
Bonjour,
Magnifique et génial Reza MOGHADDASSI, dans la pensée de la semaine. Philosophe franco-iranien qui représente certainement, avec également, Leili ANVAR, et bien d’autres, ce pont à construire absolument dans la culture humaniste entre orient et occident et qui démontre donc bien le caractère d’un humanisme nécessairement universel.
Il convient de lire également du même auteur : "Les murs qui séparent les hommes ne montent pas jusqu’au ciel" et "La Soif de l’essentiel" (Ed. Marabout), dixit :
- "Si chacun(e) se dit détenir la vérité, il n’y a plus de recherche de la vérité".
- "On ne possède pas la vérité, on est tout au plus possédé par elle".
- "Trop souvent, nos idées deviennent des identités"?
- "Le chaos naît de l’incapacité, comme dirait Héraclite, de faire du jeu des contraires (dualités) l’équilibre qui rend possible la splendeur du monde".
1) Nous sommes des Êtres de dualités intérieures
Les contraires/dualités se trouvent être et résider, précisément, à l'intérieur de chaque Être humain, entre "Loup Bon" et "Loup Mauvais", Joie et Tristesse", "Passions joyeuses" et "Passions tristes", besoin de "Domination, de sécurité et de confortable servitude" ou besoin de "Liberté, d'autonomie et d'émancipation".
En effet, ce qui constitue notre caractéristique principale, c'est que précisément, dans notre dualité opposée, nous sommes également dépositaires de formatages particuliers et précisément déterministes et mimétiques dans notre groupe d'appartenance, dans lequel notre disque cérébral a été formaté depuis la tendre enfance, par la morale, l’éducation normative, les illusions, les imaginaires, les verticalités patriarcales religieuses et dogmatiques, dominantes, érigées en vérités absolues sacrées, permettant une acceptation par toutes et tous, et qui nous propulsent, précisément toutes et tous, dans l’absurde et l’arbitraire envers les autres "EUX" ceux qui sont différents et donc dans les querelles de bac à sable d’une humanité encore adolescente qui se tape dessus, à coup de pelles et de râteaux chacun(e) étant dépositaire de sa vérité absolue formatée sur son disque dur cérébral dans son groupe d'appartenance et qu'il/elle défend très âprement sans lucidité, ni esprit critique, dans un mimétisme social et dans la tyrannie de la majorité (Tocqueville).
L’autre caractéristique principale de notre espèce humaine, quel que soit le domaine, l'objectif est toujours le même, celui de dévoyer et de détourner, les pensées et les idées initialement vertueuses, progressistes, issues de la culture humaniste pour en faire un système pernicieux qui progressivement se construit et se fabrique sous le pouvoir et la domination de quelques-uns, c’est-à-dire, un certain patriarcat et ceux et celles qui les soutiennent pour en faire des projets de société, empreint précisément de pouvoir et de domination, qui conduit invariablement à la déshumanisation du plus grand nombre au profit de l'épanouissement de quelques-uns, ce même patriarcat dominant, qu'il soit : religieux, politique ou économique/financier. En clair, il s’agit des 3 ordres sociaux dans toutes les sociétés humaines, qui sont précisément : le politique, le religieux et l'économique/le financier. Ces 3 ordres sociaux se soutiennent mutuellement dans leur quête de pouvoir et de domination sur la société.
Vous comprenez désormais pourquoi : « Dans une même population, un même pays, une même culture, certains Êtres se laissent séduire par les vagues de l'extase du populisme, de l'extrémisme, du fanatisme religieux, de la tradition, du patriotisme, du nationalisme, du souverainisme, du masculinisme, etc., dans des vérités absolues et des verticalités patriarcales, dans la confortable servitude et soumission aux extériorités, alors que d'autres Êtres ne se laissent ni séduire, ni embarquer et parviennent envers et contre tout, à conserver une sérénité, une liberté, un discernement, une indépendance de jugement, dans un esprit critique, penser par soi-même que rien ni personne ne pourra jamais leur enlever. À quoi tient cet aiguillage, cette orientation des Êtres sur des chemins différents ? Savez-vous qui sont les Mangeurs de vents ? Qu’avons-nous raté dans l’Éducation de nos enfants ? » (Boris CYRULNIK). Et bien ce que nous avons raté, à l’instar de ce que nous dit également Hannah ARENDT, c’est l’Éducation de nos enfants sur la voie de l’Extériorité (les vérités absolues religieuses, politiques, économiques), qui représente "ce monde vieux, suranné et proche de la ruine". Hannah ARENDT, nous dit : « Il adviendra un moment où l'on décidera si nous aimons suffisamment le monde réel pour en assurer la pleine responsabilité, non plus dans la domination, la prédation de l'Être, de la Nature et le déséquilibre du « Tout » que les verticalités patriarcales génèrent en ne produisant que de l’absurde et de l’arbitraire. Mais plutôt dans l'Éthique, l'Esthétique, la responsabilité, la recherche d'un équilibre pour le « Tout » qui font penser durablement l'Être et la Nature remis au centre de toutes choses [...] Comment mobiliser dans les esprits une "Nouveauté" et l'introduire comme un "Ferment" dans un monde de verticalités patriarcales déjà vieux, suranné et proche de la ruine. Aussi révolutionnaire que puissent être ses actes, l’Éducation sur les principes de "l’Immanence", de "l’Universel", de l'Humanisme, de la Démocratie et de la Laïcité, restent et demeurent cette "Nouveauté" que seul l’Esprit critique pourra envisager ».
2) Pratiquer la Philosophie aujourd’hui devient-il un acte pacifique militant et de résistance ?
La vérité ne se possède pas, elle se recherche et elle se partage, et c'est probablement en pratiquant la Philosophie en particulier et la connaissance des grands courants philosophiques de l'Humanité, que l'on parvient à en élaborer quelques certitudes. En effet, il s’ouvre indéniablement, un espace de pensée et de réflexion qui reconquiert progressivement et en profondeur les mentalités de chacun et de chacune, dans la recherche d'un "Germe d'éveil" qui est lié à un besoin intérieur de plus en plus grandissant, celui de comprendre, le mal-être et le mal-vivre dans « un monde qui se défait » (Frédéric MIDAL). Ce monde qui en réalité, qu'on le veuille ou non, est en phase de transition, depuis un ancien monde réactionnaire, « vieux, suranné et proche de la ruine » fait de vérités absolues religieuses, dogmatiques, économiques, dans lesquelles on enferme l’esprit humain, vers un autre monde celui d’une émancipation et d'une individualisation, précisément par, l'esprit critique, penser par soi-même, c'est-à-dire, penser sa vie et vivre sa pensée, non plus dans la morale impersonnelle et mimétique mais dans une éthique individuelle.
La pratique de la philosophie et la connaissance des grands courants de pensée de l’Humanité, permet certainement d’entrevoir une autre voie, celle de l’Être humain dépositaire d’un génie extraordinaire qui est unique dans l’Univers et le seul capable de comprendre et de s'émanciper, de tous les déterminismes et des vérités absolues, dans une puissance d'Agir et de Penser par soi-même. En ce sens, pratiquer la Philosophie aujourd'hui est un acte pacifique, militant et de résistance dans "l'époque épique" que nous traversons aujourd'hui, dans ce jeu de va-et-vient indispensable entre héritage oriental/occidental et transmission indispensable de la culture humaniste.
« L'Être humain est le seul être dans l’Univers capable de s’émanciper de tous les déterminismes et de toutes les illusions. Je continue à croire que ce monde n'a pas de transcendance supérieure à l’Être humain. Mais je sais que quelque chose dans ce monde a du sens, et ce sens, c’est l’Être humain lui-même dans sa grande diversité, parce qu'il est le seul à exiger d'en avoir un, pour subvenir dans le monde réel à son propre développement durable, dans son propre environnement, la Nature magnifique, dont il fait partie intégrante, sans illusion et sans Dieux existants » « Il convient davantage d’aimer la vie, que les illusions, Dieu/Allah qui n’existent pas, les dogmes, les morales et les normes » (D’Albert CAMUS à André COMTE-SPONVILLE et en référence à de nombreux philosophes : de Baruch SPINOZA et Jean MESLIER, à Friedrich NIETZSCHE, Marcel CONCHE, etc, qui avaient, eux-mêmes, dans leur époque, déjà tout compris de ce qu’est la marche du monde et de ce qu'est un Être humain, comment il fonctionne et comment il se construit. Baruch SPINOZA en a été exclu de son groupe d'appartenance à Amsterdam et Jean MESLIER a écrit en secret son testament philosophique qu'il déposa chez un notaire pour n’être révélé qu'à sa mort, craignant précisément la tyrannie de la majorité réactionnaire (nous étions dans la France de 1729).
Conclusion
Comme le précise Reza MOGHADDASSI, il y a donc bien ici « Une aspiration spirituelle qui bat dans la poitrine de l’Humanité », il s’agit de la culture humaniste qui est à l’origine des religions, des arts, de la sagesse et de la sainteté, lorsque cette culture humaniste, n’a pas été dévoyée ou détournée par les verticalités patriarcales religieuses, politiques, économiques aux fins de pouvoir et de domination sur le plus grand nombre des Êtres humains dans leur groupe d’appartenance.
Pratiquer la Philosophie est encore aujourd'hui plus que jamais, dans "l'époque épique" que nous traversons, un acte pacifique et militant, une volonté de résistance pour que perdure la culture humaniste, l'humanisme et la démocratie, dans une remise au centre impérative de l'Être humain et de la Nature. Car « La plupart des gens ont une vision conventionnelle de la vie empreint de morale, de mimétisme et de convention sociale qui enferment les esprits, il faut avoir le courage de se détacher de tout, de toutes normes et des vérités absolues, il faut oser avec courage et effort, faire le grand bond et refuser tous les déterminismes. Alors la vie vécue dans l’éthique et la bienveillance devient infiniment riche et merveilleuse, elle déborde de dons, même au plus profond de la détresse. »
Rien, ni personne ne pourra jamais vous enlever votre "Génie humain extraordinaire", c’est-à-dire votre "Germe d'éveil", lorsqu’il est empreint de connaissance de soi et du monde (vérités plurielles à expérimenter), d'éthique (la responsabilité), d'esthétique (la bienveillance, l’attention, l’amour), de présence de votre Être au monde réel et d’acceptation du monde réel tel qu’il est dans sa diversité et dans sa biodiversité.
Bien à vous, je vous souhaite une très belle journée.